Traite des esclaves africains, "plus grave crime contre l'humanité" : les Écologistes exhortent l'État français
Réuni en comité fédéral, le parti écologiste a validé deux textes pour soutenir les territoires d'Outre-Mer. Le premier cible la gestion des sargasses, tandis que le second demande la reconnaissance de la traite transatlantique comme le "pire crime de l'humanité" par l'Etat français afin d'ouvrir la voie aux réparations.
À un an de l'élection présidentielle et à l'occasion de son comité fédéral le samedi 6 juin, le parti politique Les Écologistes a adopté deux motions concernant les Outre-Mer.
"Que la France le reconnaisse"
La première des deux motions vise à modifier le statut juridique des sargasses pour pousser l'État à mieux accompagner les communes dans la gestion des algues et la seconde a pour but de contraindre la France a reconnaître l'esclavage comme pire crime de l'humanité, dans le but de donner davantage de force aux combats pour les réparations.
Kenzy Gauthierot-Pancarte, coordinateur antillais de la commission Outre-Mer des Écologistes, revient sur le sens profond de cette motion mémorielle :
La France ne veut pas ouvrir le débat sur l'indemnisation et sur les réparations. On l'a vu lors des 25 ans de la Loi Taubira, on a vu que cette loi avait le même problème et que le gouvernement de l'époque, et même une grande partie de la classe politique, se sont opposés à la question de la réparation. On le voit aussi pour la loi qui reconnaît la responsabilité de l'État pour le chlordécone : là aussi, les réparations sont un objectif et non pas une obligation. Idem pour le Code noir. Le Code noir a été abrogé, très bien, mais là encore, la question des réparations a été éludée. Nous, ce que nous voulons, c'est que la France reconnaisse la traite transatlantique et l'esclavage comme étant le crime le plus grave porté à l'humanité, parce que c'est une réalité, et cela n'efface pas les autres crimes, pour au moins prétendre aux réparations qui sont équivalentes à ce crime.







