Outre-mer : Naïma Moutchou promet un changement de méthode, les élus dans l’expectative

Par 17/11/2025 - 13:46

« Élargir le cercle », c'est la nouvelle méthode promise par Naïma Moutchou, ce lundi (17 novembre), durant son discours d'ouverture de la « journée Outre-Mer », qui se tient tous les ans à Paris, en préambule du Congrès des maires de France. La ministre s'est engagée à ce que les enjeux de nos territoires soient désormais traités par l'ensemble du gouvernement, avec davantage d'écoute.

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Photo Nicolas Ledain

On change de cap, en tout cas c'est ce qu'a promis Naïma Moutchou, ce lundi matin (17 novembre), face aux maires d'Outre-Mer.

La locataire d'Oudinot veut dézoomer. Nos territoires ne seront plus le seul sujet de son ministère, mais leurs enjeux seront partagés par tout le gouvernement et toutes les instances décisionnaires.

Il faut « plus d'écoute » et « élargir le cercle », a-t-elle promis, dans un engagement de fiabilité.

Sur ce point précisément, Naïma Moutchou a annoncé une offre d'ingéniérie renforcée et la mobilisation d'experts au service des réalités locales.

Mais hormis un état d'esprit, il n'y a pas eu d'annonces très concrètes pour l'heure, surtout des priorités : la lutte contre l'insécurité, que la ministre a notamment illustré par le danger des narcotrafics aux Antilles, la levée des freins européens et l'allègement des normes, estimant que les Outre-Mer devaient être « beaucoup mieux défendus » à Bruxelles, la simplification des dispositifs d'aides face notamment au recul du trait de côte et aux algues sargasses ou encore la vie chère, avec le texte voté au Sénat qui doit désormais passer par l'Assemblée.

Sans critiquer l'intention, les élus restent dans l'expectative.

Départ précipité de la ministre

Ce matin, on a vu effectivement que la ministre n'est pas restée.

Au-delà des mots, il y a l'image. Naïma Moutchou a promis un changement de méthode, mais quelques minutes après son discours, la ministre s'est éclipsée.

Samuel Tavernier, le maire du François, en Martinique, regrette ce départ précipité.

Il faudrait qu’elle puisse s’imprégner beaucoup plus de tous ces phénomènes qui nous assaillent. Le réchauffement climatique dont on parlait ce matin, ce n'est pas une vue de l'esprit. Et chaque département le vit d'une manière parfois différente. Nous avons parfois les solutions, mais nous n'avons pas les leviers normatifs qu'il faut pour les mettre en place. S'il y a quelque chose à réclamer aujourd'hui, c'est véritablement se pourvoir, effectivement, en termes d'aménagements de nos territoires.

Les élus veulent du concret

Car la thématique de la matinée était l'adaptation au changement climatique. Et justement, les élus d'Outre-mer veulent du concret sur ce sujet plutôt que des grandes promesses, comme Héric André, le maire de Vieux-Fort, en Guadeloupe.

Les aléas, on les connaît. Les risques, on les connaît. Ça fait longtemps. Là, il s'agit maintenant de mener des actions et des actions qui nécessitent des investissements surtout financiers, ce qui nous permettra de répondre à l'urgence du moment.

Compliqué de se faire entendre

Globalement, d'ailleurs, les élus ont le sentiment d'avancer en local, mais c'est compliqué de se faire entendre au national, comme l’explique Jocelyn Sapotille, maire de Lamentin, en Guadeloupe, et président de l'Association des maires de l'archipel.

Nous avons de bonnes relations avec les services de l'État implantés chez nous, notamment avec la préfecture, mais que la suite soit réalisée. Déjà l'accompagnement sous le plan budgétaire, mais aussi dans la méthode au niveau parisien. Ça passe bien entre Lamentin et Baste-Terre, et nous aimerions que ça se passe aussi bien entre Basse-Terre, Lamentin et Paris.

« On a changé de ministre cinq fois »

Ça tombe bien, c'est ce qu'a promis Naïma Moutchou. Une méthode d'ailleurs peu contestée, mais qu'il faudra traduire, surtout dans la continuité pour Justin Pamphile, le maire du Lorrain, en Martinique, et président de l'Association des maires de l'île.

Mon inquiétude, ce n'est pas tant sur la méthode, c'est sur la durée de sa présence en tant que ministre des Outre-mer, parce qu'on a changé de ministre cinq fois en peu de temps la recherche d'une vraie stabilité.

Sans réellement décevoir, la ministre n'a pas non plus convaincu ce lundi. Les Outre-mer ne se contenteront pas des seules promesses d'une méthode, aussi nouvelle soit-elle.


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