Municipales 2026 : le vote ultramarin sera peut-être décisif à Paris
Dans un deuxième tour qui s'annonce très disputé dans la capitale, ce dimanche 22 mars, la diaspora ultramarine pourrait peser lourd. On estime que les natifs et originaires de ces territoires représenteraient 200 000 personnes à Paris, ce qui intéresse fortement et forcément les candidats.
Le scrutin qui sera le plus observé ce dimanche à l'échelle nationale sera celui de la capitale. La bataille municipale s'annonce très serrée à Paris, entre Rachida Dati, à droite, qui a fusionné sa liste avec celle du parti présidentiel, et Emmanuel Grégoire, de l'union de la gauche et des écologistes, hors LFI, puisque Sofia Chikirou, bien que décrochée, a maintenu sa candidature pour les Insoumis.
Le Socialiste avait recueilli 37,98 % des voix lors du premier tour, contre 25,46 % pour l'ancienne ministre, qui a depuis bénéficié de la fusion avec Pierre-Yves Bournazel (11,34 %) et du retrait de Sarah Knafo de Reconquête (10,4 %), tandis que Mme Chikirou avait terminé troisième, avec 11,72 %.
Dans un duel annoncé, les voix ultramarines pourraient peser lourd et les candidats l'ont bien compris, avec la présence de ressortissants de nos îles dans leurs listes, mais aussi avec des réunions publiques tournées vers cet électorat.
Engagements à droite
Chaque voix compte dans la dernière ligne droite et Rachida Dati a donc participé à une réunion publique "Outre-Mer", ce jeudi 19 mars, à l'initiative de Samia Badat-Karam, élue du XVIe arrondissement, conseillère de Paris sortante, et l'écrivain et historien Claude Ribbe, colistiers tous les deux de l'ancienne ministre.
Il était extrêmement important pour ceux qui soutiennent Rachida Dati, et ils sont très nombreux, de la rencontrer et d'entendre de sa bouche son engagement pour les Outre-Mer. Je pense que les Ultramarins ont été extrêmement touchés de cette rencontre qui était normale, mais qui risque de compter, et je pense qu'elle s'en souviendra lorsqu'elle sera maire de Paris.
Mme Dati s'est engagée à inclure pleinement une forme de réflexe Outre-Mer dans sa future gouvernance parisienne, si elle est élue, promettant une relation de fluidité avec les territoires.
Promesses à gauche
Son plus grand rival Emmanuel Grégoire avait lui pris les devant dès le 27 février, lors d'une rencontre avec les associations, en détaillant un programme autour de la visibilité ultramarine avec en mesure phare la création d'une maison des Outre-Mer, promise de très longue date dans la capitale.
À ses côtés, lui aussi, des colistiers antillais, Audrey Pulvar et Laurent Sorel, qui jouent pleinement la carte ultramarine, sur les réseaux notamment.
C'est montrer la vitalité apportée par les Ultramarins à la Ville de Paris et la diversité de nos contributions. Notre présence à Paris compte, il faut que nos voix comptent, on vote Emmanuel Grégoire avec la gauche unie !
Ce ciblage politique n'est pas très étonnant, car s'il n'existe évidemment pas un vote ultramarin unique, c'est un électorat qui pèse. À gauche comme à droite, on s'accorde sur une estimation de 200 000 natifs ou originaires d'Outre-Mer dans Paris intra-muros, soit environ 10 % de la population totale de la capitale.







