Haïti : les Occidentaux mettent en garde contre un changement politique à la tête du pays
Les États-Unis et plusieurs partenaires occidentaux alertent sur les risques d’une déstabilisation politique en Haïti. Cette mise en garde intervient alors que le pays est engagé dans une importante offensive sécuritaire contre les gangs armés.
Les Occidentaux ont mis en garde le Conseil présidentiel de transition (CPT) contre toute modification de l’exécutif haïtien, estimant qu’un changement politique à ce stade pourrait accentuer l’instabilité dans un pays déjà confronté à une grave crise sécuritaire.
Lors d’un appel téléphonique vendredi, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a exprimé son soutien au Premier ministre haïtien Alix Fils-Aimé. Il souligne "l'importance de son maintien au poste de Premier ministre d'Haïti pour lutter contre les gangs terroristes et stabiliser l'île".
Une crise politique à l’approche de la fin du mandat du CPT
Haïti traverse une nouvelle zone de turbulences politiques. Cinq des sept membres du Conseil présidentiel de transition ont exprimé leur volonté de révoquer le Premier ministre, alors que le mandat officiel du CPT arrive à échéance le 7 février.
Ces membres ont paraphé une résolution demandant le limogeage du chef du gouvernement et la désignation d’un Premier ministre intérimaire. Toutefois, cette résolution n’a pas encore de valeur juridique, faute de publication au journal officiel.
Le président du CPT, Laurent Saint-Cyr, s’est opposé à cette tentative de renvoi, dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu.
Une offensive sécuritaire en cours contre les gangs
Cette crise institutionnelle survient alors que les forces de sécurité haïtiennes mènent une large offensive contre les gangs criminels qui contrôlent une grande partie du territoire, notamment dans le centre-ville de Port-au-Prince.
Les autorités ont récemment annoncé avoir délogé l’un des chefs de gangs les plus connus du pays, Jimmy Cherizier, alias « Barbecue ».
L’Union européenne, l’Allemagne, la France, l’Espagne et le Canada ont également exprimé leur inquiétude jeudi 22 janvier sur le réseau social X.
Tout changement à la tête du gouvernement à quelques jours de la fin du Conseil Présidentiel de Transition mettrait en péril la dynamique encourageante des forces de sécurité contre les gangs criminels.
— L’Union européenne en Haïti (@EUDelegationHt) January 22, 2026
De son côté, le secrétaire d’État américain a durci le ton dans un communiqué officiel.
Les Etats-Unis veilleront à ce que les politiciens corrompus qui soutiennent les gangs violents et commettent des actes terroristes en Haïti en paient le prix fort
Il a également insisté sur la nécessité d’un exécutif solide soulignant que "la violence actuelle causée par les gangs ne peut être stoppée qu'avec un leadership fort et cohérent, bénéficiant du soutien total du peuple haïtien".
Depuis de nombreuses années, Haïti est confrontée à la violence des bandes criminelles, responsables de meurtres, viols, pillages et enlèvements. La situation s’est fortement dégradée depuis le début de l’année 2024, après la démission forcée de l’ancien Premier ministre Ariel Henry sous la pression des groupes armés.
Le pays le plus pauvre des Amériques n’a pas organisé d’élections depuis 2016. Dirigé par des autorités de transition, Haïti peine toujours à enrayer la violence, malgré l’annonce d’élections législatives et présidentielle prévues à l’été 2026.







