Fin de vie : le Sénat face à une réforme qui met mal à l'aise, notamment les Ultramarins

Par 21/01/2026 - 06:52 • Mis à jour le 22/01/2026 - 13:20

Depuis ce mardi 20 janvier, le Sénat examine les deux textes sur la fin de vie, un sur l'aide à mourir, l'autre sur les soins palliatifs. Adopté par l'Assemblée nationale en première lecture en mai 2025, le premier volet de cette réforme gêne les élus du Palais du Luxembourg, notamment les Ultramarins, face à un sujet sociétal majeur qui divise.

    Fin de vie : le Sénat face à une réforme qui met mal à l'aise, notamment les Ultramarins

C'est une réforme emblématique que le Président de la République espère faire aboutir avant la fin de son quinquennat. Les deux textes sur le droit à l'aide à mourir et l'accompagnement aux soins palliatifs sont présentés au Sénat depuis ce mardi 20 janvier.

Ce grand projet de loi sociétal avait été scindé en ces deux parties après le passage à l'Assemblée nationale en mai dernier, mais le sujet reste délicat et il est accueilli très prudemment par les parlementaires du Palais du Luxembourg, singulièrement dans les rangs ultramarins. Le Guadeloupéen Dominique Théophile avoue son inconfort à légiférer sur un sujet qui divise.

C'est un texte très sensible. Je rencontre mes compatriotes, il y a ceux qui sont pour totalement et d'autres qui disent que Dieu donne la vie et que c'est lui qui doit l'enlever. C'est un sujet qui n'est pas facile à trancher.

Comme lors du passage à l'Assemblée, les parlementaires ultramarins invoquent le poids des traditions et de la religion dans nos territoires. Pour le Martiniquais Frédéric Buval, cet aspect sociologique doit être considéré.

Il faut être très prudent. Nous sommes un territoire qui n'est pas semblable aux autres, on ne peut pas heurter une population qui a ancré en elle une tradition. Il faut tenir compte de cela.

Abstention ou vote contre ?

Cette importance de la culture locale est partagée par Dominique Théophile qui estime que la loi actuelle est suffisante, il entend d'ailleurs profiter de la liberté de vote octroyée par son groupe lors du vote sur la partie aide à mourir. 

C'est très difficile à se positionner. À titre personnel, je vais m'abstenir. Je pense que le texte peut passer, mais il y aura beaucoup d'abstentions.

Un point fait quand même consensus, cette grande réforme scindée en deux, un volet sur l'aide à mourir, l'autre sur les soins palliatifs, satisfait les sénateurs, dont Frédéric Buval. 

Cela aurait fait, comme on dit chez nous, un migan, on aurait rien pu retirer du migan. Les soins palliatifs, je suis beaucoup plus optimiste, car il n'y a pas cette façon de brutaliser, au contraire, c'est pour accompagner.

Le Sénat est donc manifestement gêné par l'aide à mourir. Après le passage en commission, elle a même été limitée uniquement aux patients avec un pronostic vital engagé à court terme, au regret des associations.

Face au laborieux débat parlementaire, Emmanuel Macron envisagerait de contourner députés et sénateurs avec un référendum sur cette question.
 


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