"Aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela", répond la présidente par intérim à Trump

Par 07/01/2026 - 12:21

Face aux déclarations de Donald Trump, qui affirme que Washington est désormais "aux commandes", la dirigeante vénézuélienne a répondu fermement, alors que les tensions internationales s’intensifient et que le bilan humain de l’intervention continue de s’alourdir.

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Delcy Rodriguez, présidente par intérim du Venezuela

Dès le premier jour de son mandat, la présidente par intérim a voulu marquer le ton. En réponse aux propos du président américain, elle a affirmé que le Venezuela restait maître de son destin.

"Aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela", a-t-elle lancé, avant d’ajouter que "le gouvernement du Venezuela dirige notre pays, personne d'autre".

Des déclarations visant directement Donald Trump, qui a affirmé ces derniers jours que les États-Unis étaient désormais "aux commandes" et que la dirigeante vénézuélienne "paierait plus cher que Maduro" si elle ne faisait pas "ce qu'il faut".

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Washington évoque un accord pétrolier massif

Quelques heures après cette prise de parole, Donald Trump a de nouveau réagi, annonçant ce qu’il présente comme un accord énergétique majeur.

Je suis ravi d'annoncer que les autorités par intérim du Venezuela vont remettre aux Etats-Unis entre 30 et 50 millions de barils de pétrole sous sanction et de haute qualité. Ce pétrole sera vendu au prix du marché et l'argent sera contrôlé par moi, président des Etats-Unis, pour garantir qu'il soit utilisé au profit des peuples du Venezuela et des Etats-Unis

Une déclaration qui intervient alors que Donald Trump assume ouvertement convoiter les vastes ressources pétrolières du Venezuela, pays qui dispose des premières réserves prouvées de brut au monde et dont l’économie dépend largement de cette manne.

Un gouvernement intérimaire sous tension

Delcy Rodriguez a montré ses priorités économiques en nommant un technocrate ex-directeur de la Banque centrale et ancien pétrolier, Calixto Ortega Sanchez, nouveau vice-président chargé du secteur économique. Elle a aussi décrété sept jours de deuil national en hommage aux victimes de l'opération américaine éclair qui a fait 55 morts au sein des forces vénézuéliennes et cubaines dans la nuit de vendredi à samedi.

La veille, la dirigeante de 56 ans avait prêté serment devant le Parlement, prenant la tête d'un gouvernement qui compte toujours dans ses rangs le ministre de l'Intérieur et tenant d'une ligne dure, Diosdado Cabello, ainsi que le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez.

Maria Corina Machado, la cheffe de l'opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix 2025, a affirmé lundi prévoir de retourner "le plus vite possible" au Venezuela. Le président américain l'a disqualifiée samedi pour prendre la tête du pays.

Selon le procureur général du Venezuela, Tarek William Saab, l’intervention américaine a fait "des dizaines de victimes parmi les civils innocents et les militaires".

Les autorités vénézuéliennes ont rendu publics les avis de décès de 23 militaires, dont cinq amiraux. De son côté, Cuba, allié de Caracas, a annoncé la mort de 32 membres de ses services de sécurité, dont l’identité a été dévoilée par la presse officielle.

L’Organisation des Nations unies a, elle aussi, réagi, estimant mardi que cette intervention avait "sapé un principe fondamental du droit international".

Enfin, le Syndicat national des travailleurs de la presse vénézuélienne (SNTP) a signalé que, lors de la session parlementaire de la veille, 14 journalistes et collaborateurs de médias, "dont 13 d'agences et de médias internationaux", avaient été interpellés puis relâchés. Deux correspondants de la presse internationale ont également été brièvement arrêtés à la frontière avec la Colombie.


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