Sylvain Kereneur, jugé pour le meurtre de son ex-compagne enceinte, en Guyane
Jusqu’à ce vendredi 9 janvier, la cour d’assises de Fort-de-France se penche sur une affaire d’homicide survenue en Guyane en 2020. Sylvain Kereneur est jugé pour le meurtre de son ex-compagne, Karina Antunes Gama De Souza, dont le corps avait été retrouvé dans une crique près de Cacao.
La première session d’assises de l’année en Martinique s’ouvre avec un dossier particulièrement lourd. Bien que les faits se soient déroulés en Guyane, le procès se tient en Martinique à la suite d’un dépaysement prononcé en juillet 2023. Sylvain Kereneur comparaît devant la cour d’assises de Fort-de-France pour meurtre sur concubine.
L’accusé avait déjà été placé en détention provisoire quatorze ans plus tôt dans une autre affaire criminelle impliquant une ex-compagne, avant d’être remis en liberté.
Découverte du corps en mai 2020
Les faits remontent au mois de mai 2020. Le corps de Karina Antunes Gama De Souza, âgée de 22 ans et de nationalité franco-brésilienne, est retrouvé sans vie, partiellement calciné et dissimulé dans un sac, au bord de la crique Tibourou, sur la route de l’Est, dans une zone forestière située près de Cacao, en Guyane.
Au moment de sa mort, la jeune femme était enceinte de quatre à huit semaines. L’identité du père n’a pas pu être établie, l’ADN du fœtus n’ayant pas pu être prélevé.
Une enquête de longue haleine
Les expertises médico-légales successives, qui ont contribué à allonger la procédure, concluent à une suffocation mécanique, c’est-à-dire une mort par asphyxie. Une information judiciaire pour homicide volontaire est ouverte dès 2020.
Après quinze mois d’enquête menés par la section de recherches de la gendarmerie de Guyane, les investigations aboutissent à l’interpellation de Sylvain Kereneur à Antibes, dans les Alpes-Maritimes.
Issu d’une famille réunionnaise aisée installée en Guyane, l’homme reconnaît son implication dans la mort de la jeune femme et est placé en détention provisoire.
La version de l’accusé
Lors de son interrogatoire, Sylvain Kereneur reconnaît être l’auteur des faits, tout en évoquant un accident survenu à l’issue d’une dispute.
Selon le procureur de la République, Samuel Finielz :
Il a spontanément déclaré aux enquêteurs, en présence de son avocat, qu’une altercation avait éclaté dans la nuit du 14 mai 2020 à leur domicile de Cayenne. La victime se serait saisie d’un couteau, il l’aurait désarmée puis aurait posé la main sur sa bouche pour l’empêcher de crier. Elle serait alors tombée, et il aurait constaté qu’elle ne respirait plus.
Toujours selon les déclarations de l’accusé, il aurait ensuite tenté de brûler le corps avant d’y renoncer, abandonnant finalement la dépouille au bord d’une crique, à une cinquantaine de kilomètres de Cacao.
Pendant quatre jours, la cour d’assises de Fort-de-France reviendra sur ce féminicide qui avait profondément choqué la Guyane.
Le mode opératoire décrit par Sylvain Kereneur ravive le souvenir d’une autre affaire : celle de Camila Marques Pereira, jeune femme d’origine brésilienne assassinée en 2006, dont le corps avait été retrouvé calciné dans une décharge à Matoury. À l’époque, Sylvain Kereneur avait été le principal suspect avant d’être finalement mis hors de cause.








