Meurtre de Magalie Méjean : un suspect déjà entendu il y a 12 ans placé en détention, « on s’est battus pour ça » (Eric Méjean)
12 ans après les faits, un homme de 34 ans, déjà entendu au début de l’enquête, a été mis en examen pour meurtre et viol hier (jeudi 20 novembre). Un soulagement pour les proches de la victimes.
La famille de Magalie Méjean était restée accrochée au dénouement de cette affaire. Il y a 3 semaines, c’est dans la presse locale que ses proches avaient appris qu’un nouveau juge d’instruction était nommé depuis septembre 2025.
« On n'attendait que ça »
Eric Méjean, le père de la victime, avait dénoncé ce silence auprès du procureur de la République de Fort-de-France.
Depuis, les parents de la randonneuse caennaise de 28 ans ont été tenus informés de ce rebondissement judiciaire.
On était au courant cette semaine. Le procureur nous a appelés pour nous dire qu'il y avait quelqu'un qui était mis en examen. On s'est battu pour ça, on n'attendait que ça. Maintenant, c'est sûr qu'ils ont un coupable, mais avec tous les déboires qu'on a subis, on attend de voir ce que ça va donner.
Eric Méjean ignore, en revanche, comment les enquêteurs sont remontés sur ce suspect, âgé aujourd’hui de 34 ans.
Je sais qu'il y a des éléments troublants qui ont matché, c'est tout. On ne peut pas dire, on ne sait pas.
En garde à vue, puis devant le juge d’instruction, le meurtrier présumé s’est muré dans le silence, a confié hier soir Yann Le Bris, le procureur de la République de Fort-de-Fance.
Une chose est sûre, c'est que quand la personne ne parle pas, c'est qu'elle accepte la chose. Maintenant, il va falloir voir comment ça va se passer.
Un suspect déjà entendu il y a 12 ans
Le suspect interpellé cette semaine à son domicile avait déjà été interrogé il y a 12 ans, à l’âge de 22 ans.
Ce Martiniquais n’avait, depuis, plus été inquiété par manque d’indices contre lui. Il a déjà été condamné pour des faits à caractère sexuel.
Les gendarmes de la Section de recherches ont récemment resserré l’étau sur cet homme qui avait fait partie des premières personnes entendues au tout début de l’enquête.
« Un certain nombre d'erreurs au début de l'enquête »
Maitre Philippe Edmond-Mariette, l’avocat de la famille regrette que ça ait pris autant de temps.
Je ne suis pas gêné pour dire qu'au tout début de cette enquête qui avait été confiée à la brigade de Trinité, peut-être dès le début, un certain nombre d'erreurs ont pu être commises de manière involontaire et qu’elles ont sans doute nui à la bonne évolution de ce dossier pénal.
12 ans ont donc été nécessaires pour disposer « d’indices graves et concordants » pour le mettre en cause.
Il a fallu travailler sur tout le spectre que la brigade criminelle et le juge d'instruction ou les juges successifs avaient à leur disposition. Quand vous n'avez pas d'aveu dans une affaire criminelle, et d'ailleurs même quand vous avez des aveux, vous avez absolument besoin que les éléments soient confortés par les analyses techniques.
Il a gardé le silence en garde à vue
Le meurtrier présumé de Magalie Méjean, mis en examen hier pour meurtre et viol, a demandé un délai pour préparer sa défense concernant sa détention provisoire.
Il sera de nouveau présenté devant le juge des libertés et de la détention (JLD) ce lundi.
A ECOUTER Les précisions de Yann Le Bris, le procureur de la République de Fort-de-France, au micro de Katleen Bilas-Coppet
La famille de Magalie Mejean envisage de revenir en Martinique, d’ici quelques semaines, avant le procès.
Avec leur avocat, ils souhaitent rester prudents mais sont désormais optimistes pour une condamnation dans cette affaire de viol et de meurtre.








