Haïti : le Premier ministre soupçonné d'être lié au meurtre du Président

Par 13/09/2021 - 15:01 • Mis à jour le 13/09/2021 - 14:18

Le président de la République d'Haïti, Jovenel Moïse, a été assassiné le 7 juillet dernier. Ariel Henry prenait ses fonctions de Premier ministre le 21 juillet.

    Haïti : le Premier ministre soupçonné d'être lié au meurtre du Président
Ariel Henry est le premier ministre d'Haïti depuis le 21 juillet dernier (2021)

Vendredi soir (10 septembre), Maître Bed-Ford Claude, commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, a invité Ariel Henry à se présenter au parquet le mardi 14 septembre, soit dès demain. L'actuel Premier ministre haïtien aurait eu, quelques heures après le meurtre de Jovenel Moïse, plusieurs conversations téléphoniques avec l'une des personnes toujours activement recherchées dans le cadre de l'enquête :

Ancien cadre de l'unité de lutte contre la corruption, qui dépend du ministère de la justice, Joseph Félix Badio aurait en effet été géolocalisé dans le quartier où se situe la résidence privée de Jovenel Moïse lors de ces appels passés à Ariel Henry, à 04 heures 03, puis à 04 heures 20. 

Légalement, un Premier ministre ne peut être auditionné par un juge que si le président de la République l'y autorise. Me Bed-Ford Claude a ainsi précisé à M. Henry que sa présentation au parquet dépendait de son entière volonté, "tenant compte des restrictions dues au statut de haut fonctionnaire de l'État".

Il justifie toutefois sa démarche en évoquant la "gravité extrême" de ce dossier "pour la nation".

De son côté, Renan Hedouville, directeur de l'office haïtien de la protection du citoyen, s'est déclaré "révolté et sidéré" par la révélation de ces appels téléphoniques :

Monsieur Ariel Henry doit incessamment démissionner et se mettre à la disposition de la justice. 

Bien entendu, le Premier ministre a exprimé dès samedi (11 septembre) sa profonde indignation face à de telles accusations :

Les manœuvres de diversion pour semer la confusion et empêcher la justice de faire sereinement son travail ne passeront pas.

Quarante-quatre personnes, dont 18 Colombiens et deux Américains d'origine haïtienne, ont déjà été arrêtées dans le cadre de l'enquête sur le meurtre du président de la République Jovenel Moïse. Un crime commis dans sa résidence privée, sans qu'aucun policier de sa sécurité rapprochée ne soit blessé. 

 

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