Les appels d'offres pour le solaire ne font pas recette aux Antilles

Par 16/01/2026 - 08:35

Malgré l'objectif d'autonomie énergétique des Outre-Mer à horizon 2030 fixé par les pouvoirs publics, les dernières procédures d'appel d'offres pour le développement du photovoltaïque sont un échec en Guadeloupe et Martinique. Le Syndicat des Énergies Renouvelables l'explique notamment par des cahiers des charges qui ne seraient pas adaptés à nos réalités.

    Les appels d'offres pour le solaire ne font pas recette aux Antilles

“Un appel d'offres qui fait pschitt”, c'est ainsi que la lettre professionnelle quotidienne de l'énergie solaire a analysé les résultats de la quatrième et dernière phase de l'appel à projets photovoltaïques en Outre-Mer. L'avis a été publié la semaine dernière par la Commission de Régulation de l'Énergie (CRE).

Dans les budgets réservés par le gouvernement sur la période 2023-2026 aux Zones Non-Interconnectées (ZNI), acronyme qui regroupe les territoires ultramarins et la Corse, les Antilles n'ont quasiment rien obtenu, faute d'avoir été en mesure de rentrer dans le cahier des charges demandé, ou parfois d'avoir tout simplement candidaté. 

Des contraintes à prendre en compte

Sur les deux dernières phases, nos territoires n'ont même rien obtenu du tout. Du gâchis pour Jules Nyssen, président du Syndicat des Énergies Renouvelables (SER). 

C'est un peu une opportunité loupée. Il faut qu'on essaie de comprendre pourquoi, c'est un mélange de plusieurs raisons et il y a un travail à mener là-dessus.

Le syndicat avait d'ailleurs alerté en avril 2025, en déplorant que des problématiques d'accès au foncier ou de coût de ces projets en raison de contraintes locales notamment climatiques, étaient insuffisamment prises en compte, singulièrement en Outre-Mer. De fait, de nombreux projets antillais sont écartés, car les tarifs qu'ils affichent sont au-dessus du prix plafond fixés par la CRE.

Il y a quelque chose dans le cahier des charges qui ne correspond pas aux réalités locales. On ne peut pas se calquer sur le continent, il y a des caractéristiques météo, de foncier... Il faut pouvoir le faire. Ça a un peu progressé sur le foncier, mais il y a d'autres choses à faire. Après, il y a un autre gros problème qui est l'accès au raccordement, des schémas qui sont saturés, et dont le renouvellement est en attente d'un décret qui doit être publié. Aujourd'hui c'est compliqué.

Une transition énergétique stratégique

Pour Jules Nyssen, l'enjeu est aussi de prendre conscience localement de l'intérêt, écologique bien sûr, mais aussi stratégique de ces opportunités énergétiques. 

L'essentiel devrait être assuré par le solaire et l'éolien dans des régions bien dotées dans ces deux ressources, c'est du bon sens ! Et puis, j'imagine que la notion d'autonomie se joue aussi avec la question énergétique et les centrales thermiques ont besoin de ressources qui sont en grande partie importées. 

Dans la délibération publiée la semaine dernière, la CRE a elle-même reconnu qu'un travail était nécessaire pour ne pas reproduire cet échec solaire aux Antilles. 


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