18 novembre 1803 : la décisive bataille de Vertières pour l'indépendance d'Haïti

Par 18/11/2020 - 13:07
01/01/2020 - 00:00

Le 18 novembre 1803, la bataille de Vertières dans le Nord d'Haïti porte le coup de grâce à l'armée française venue reconquérir la colonie sur ordre de Napoléon Bonaparte. Jean-Jacques Dessalines déclarera l'indépendance d'Haïti 6 semaines plus tard.

    18 novembre 1803 : la décisive bataille de Vertières pour l'indépendance d'Haïti
©Ulrick Jean-Pierre

Dans la longue route d'Haïti vers l'idépendance vis à vis de la France, la bataille de Vertières est un tournant capital. L'année même de la mort en captivité de Toussaint Louverture, les troupes de Jean-Jacques Dessalines mènent plusieurs assauts décisifs pour venir à bout de l'expédition de Saint-Domingue, une mission française envoyée par Napoléon Bonaparte pour reprendre la Perle des Antilles et rétablir l'esclavage.

Ainsi 23 000 soldats soldats français sont envoyés sur l'île Hispanola en 1801. Décimées par la fièvre jaune et les batailles, les troupes sur place recoivent le renfort de 10 000 hommes.

Les défaites des troupes napoléoniennes s'enchaînent malgré tout. En octobre 1803, Jean-Jacques Dessalines et ses hommes établissement le siège de Port-au-Prince. Pris au piège, les militaires françaises dirigés par Lavalette, se replient vers le Cap Français dans le nord l'île. 

Les soldats français, environ 2000 hommes, se retranchent au fort de Vertières près du Cap Français. C'est là qu'ils feront face aux 27 000 hommes de Dessalines et de François Capois dit Capois-la-Mort. C'est ce dernier qui mène la bataille de Vertières.

En avant ! En avant !

Le 18 novembre 1803, prenant à plusieurs reprises la tête de l'assaut, il verra ses troupes se faire décimer. Mais sa persévérance lui vaudra l'admiration du général Rochambeau qui dirige alors les troupes françaises. Lors d'un assaut au cours duquel Capois dirige ses hommes en criant "En avant ! En avant !", son cheval est tué par un boulet de canon.

Il reçoit dans la journée des renforts sous les ordres des généraux Gabart, Clervaux et Jean-Philippe Daut. Au milieu de l'après-midi, Gabart prend position sur la butte de Charrier avec Benjamin Noël. Les combats redoublent d'intensité. Le soir venu, les deux tiers des défenseurs français étaient morts ou blessés.

Rochambeau fera envoyer à Capois un cheval le lendemain de la bataille, signe de sa capitulation face aux troupes haïtiennes.

Dessalines négocie les termes de la rédition de Rochambeau et de ses hommes qui ont 10 jours pour quitter l'île.

Indépendance d'Haïti

Un mois et demi plus tard, le 1er janvier 1804, Jean-Jacques Dessalines proclame l'indépendance d'Haïti qui devient la première répulique noire.

Lors de la Seconde Restauration, le royaume de France ne reconnaît pas cette indépendance acquise contre la République française. En 1826, le roi Charles X réclame à Haïti une indemnité de 150 millions de francs or à la jeune république pour que la France reconnaisse son indépendance.

En 1838, sous la monarchie de Juillet, cette dette sera allégée par le roi Louis-Philippe à 90 millions de francs et fut intégralement versée à la France en 1883. Le payement des intérêts de la dette contractée pour payer l'indemnité ne cesse qu'en 1952, entravant grandement les finances publiques d'Haïti et son développement.

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