À Barbade, Mia Mottley déclenche des élections générales anticipées
Après Saint-Vincent et Sainte-Lucie, c'est au tour de Barbade d'entrer en période électorale. La Première ministre, Mia Mottley, a déclenché des élections générales anticipées. Un scrutin dont son parti est largement favori.
Mia Mottley, au pouvoir depuis 2018 et à la tête du Parti travailliste de la Barbade, le BLP, part largement favorite. Son parti contrôle aujourd'hui 29 des 30 sièges du Parlement. Lors du dernier scrutin en 2022, il avait même remporté l'ensemble des circonscriptions. Mais un chiffre avait marqué les esprits: moins de 43% de participation. Un signe pour certains d'un électorat en attente d'alternatives, sans pour autant être convaincu par l'opposition.
Après avoir pourtant promis de ne pas briguer plus de deux mandats, la chef du gouvernement se lance pour une troisième fois. Elle justifie ce choix par la situation économique et sociale du pays, coût de la vie élevé, dépendance massive aux importations, près de 90% des produits consommés viennent de l'extérieur et pression sur le pouvoir d'achat.
Mia Mottley promet notamment une hausse des pensions, une revalorisation du salaire minimum et la recherche de nouveaux circuits d'approvisionnement pour faire baisser les prix. Mais les associations de consommateurs restent sceptiques. Elles estiment que chaque crise internationale se répercute directement sur les ménages sans réelle stratégie de protection.
Une opposition en difficulté
Face à la cheffe du gouvernement, l'opposition barbadienne est en difficulté. Le Parti travailliste démocratique, le DLP, ne compte aujourd'hui qu'un seul élu au Parlement, son leader, Ralph Thorn.
Avocat de formation, il accuse la Première ministre d'être plus présente sur la scène internationale qu'auprès des Barbadiens et promet de remettre au cœur des priorités: la lutte contre la vie chère, la criminalité, l'emploi des jeunes et la prise en charge des personnes âgées. Un troisième acteur tente aussi de se faire une place.
Le mouvement Reform Barbados, fondé par le juriste Steve Prescott, promet de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions. Néanmoins historiquement, les électeurs barbadiens restent très fidèles aux deux grands partis.
Pour les politologues, l'enjeu ne serait donc pas tant de savoir si Mia Motley va l'emporter, mais plutôt de mesurer si l'opposition parviendra à gagner un ou deux sièges et à rééquilibrer un peu un Parlement aujourd'hui largement dominé par le Parti travailliste.







