Sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées : experts et familles se sont mobilisés au Gros-Morne

Par 16/06/2026 - 16:20 • Mis à jour le 16/06/2026 - 16:37

Ce lundi (15 juin) au Gros-Morne, experts, juristes et familles partenaires de l'AMDOR et de l'AMAF ont échangé avec le public sur la maltraitance des aînés. L'occasion de rappeler les signes d'alerte et de présenter le nouveau numéro national gratuit de signalement, le 3133.

    Sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées : experts et familles se sont mobilisés au Gros-Morne

Ce lundi 15 juin, à l'occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées, une rencontre s'est tenue au hall des sports du Gros-Morne.

À l'initiative de Patrice Népost, futur médiateur en accès au droit, des médecins, juristes et familles, partenaires de l’AMDOR et de l’AMAF (Association Martiniquaise des Aidants Familiaux), ont échangé avec le public sur cette réalité trop souvent ignorée.

Sensibiliser, repérer et agir

Ces experts ont rappelé les signes d'alerte à surveiller et les réflexes à adopter, que l'on soit victime ou témoin.

L'accent a notamment été mis sur le 3133, le numéro d'écoute pour être accompagné par un professionnel.

Pour clore la matinée, la troupe « Teat bô kay » de René Joachim a proposé des scénettes afin de lever le voile sur ces situations.

La maltraitance serait plus fréquente à domicile et toucherait toutes les couches de la société selon le docteur Daniel Vigée, président de l’Amdor 2000 (l’Association martiniquaise pour le rayonnement de l’âge d’or) :

On pourrait penser que la maltraitance touche davantage les milieux sociaux défavorisés, mais c'est faux. Elle concerne toutes les classes sociales, peu importe le milieu professionnel. Cette maltraitance revêt parfois un caractère insidieux, à travers des actes qui peuvent vous sembler banals, mais que nous constatons pourtant au quotidien. Aujourd'hui, il faut dire stop. On ne peut plus laisser des personnes âgées ou en situation de handicap à la merci de prédateurs ou de maltraitants. Contrairement aux idées reçues, la majorité de ces actes ne se déroule pas en maison de retraite. Certes, les établissements sont concernés, mais d'après nos statistiques, ils ne représentent qu'à peine 10 % des cas. En réalité, 90 % des maltraitances signalées sur le terrain sont intrafamiliales, perpétrées par les enfants ou les proches. Derrière ces chiffres, il y a aussi un réel manque de formation. Comment faire comprendre à un aidant que son comportement est maltraitant alors qu'il n'en a pas conscience ? Souvent, ces personnes sont de totale bonne foi et sont convaincues de bien prendre soin de leurs parents.

Un numéro gratuit, le 3133

Depuis le 1er mars 2026, ce numéro (3133) est devenu le numéro national gratuit d’écoute et de signalement des situations de maltraitance des personnes âgées, en situation de handicap ou de vulnérabilité. Le docteur Daniel Vigée donne les détails du dispositif :

Nous passons de l'ancien numéro, le 3977, à un numéro public et gratuit : le 3133. L'État reprend le dispositif en main parce qu'il a constaté que la situation devenait intenable. Désormais, ne pas signaler un acte de maltraitance pourra être puni ; c'est un devoir citoyen. Si le mot "dénonciation" déplaît, parlons plutôt de "signalement". Face à une situation suspecte, on peut se dire : "J'ai entendu ou vu quelque chose, sans certitude absolue". L'objectif est simplement de porter ces éléments à la connaissance de l'autorité compétente, à qui il reviendra de vérifier la véracité des faits. Si vous entendez des cris chez un voisin, vous ne pouvez plus vous contenter de dire : "Ils en ont l'habitude". Ce jour-là, ce cri de trop peut s'avérer dramatique et mettre une vie en danger.


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