Violences sexuelles sur enfants : la Ciivise dénonce un « retard majeur » de la justice
Dans un rapport remis ce lundi (15 juin) au gouvernement, la Ciivise alerte sur la lenteur de la justice face aux violences sexuelles sur mineurs. Plus de six plaintes sur dix sont classées sans suite, deux ans après ses 82 recommandations.
Plus d'une semaine après le décès de la jeune Lyhanna, le 9 juin, la Ciivise tire à son tour la sonnette d'alarme et pointe un « retard majeur » de la justice. Dans un rapport remis ce lundi 15 juin au gouvernement, la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants dresse un constat sévère.
Des recommandations restées lettre morte
Plus de deux ans après avoir formulé 82 recommandations pour lutter contre la pédocriminalité, près des trois quarts d'entre elles n'ont toujours pas été mises en œuvre. La commission souligne également qu'aujourd'hui, plus de six plaintes sur dix sont classées sans suite, et que de nombreux enfants victimes demeurent encore exposés à leur agresseur.
Face à cette situation, la Ciivise appelle l'exécutif à « passer à la vitesse supérieure » d'ici la fin du mandat présidentiel. L'objectif : faire de la protection de l'enfant la priorité de toute la chaîne judiciaire, pénale comme civile.
Si le constat est alarmant, il n'est pas nouveau. Il vient cependant confirmer les alertes répétées depuis plusieurs années, selon Fabienne Sainte-Rose, médiatrice en santé pair à la Ciivise et fondatrice de l'AMEVIT (Association des mille et une victimes d'inceste et de traumatismes).
Souvent, il faut plus de 16 ans après l'arrêt des agressions pour qu'un enfant puisse parler des agressions qu'il a subies. Il faut rappeler aussi qu'une victime sur dix seulement porte plainte. Ça veut dire que la grande majorité des victimes ne portent pas plainte. Et même quand elles font l'effort, quand elles bravent tous les obstacles, dans plus de 70 % des cas, elles sont classées sans suite. Mais il est difficile pour les institutions de se remettre en question.
Des conclusions attendus
La Ciivise doit remettre son rapport final d'ici la fin du mois de septembre. Parmi les pistes envisagées : la création d'outils de sensibilisation et de formation destinés au grand public.
En parallèle, la commission d'enquête parlementaire menée par Maud Petit et Christian Baptiste doit rendre ses conclusions d'ici le 7 juillet. Elle plaide déjà pour l'organisation d'un Grenelle consacré à la protection de l'enfance et à la lutte contre les violences sexuelles faites aux mineurs.
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