Fort-de-France : la population sous le choc après une fusillade mortelle au quartier De Briand

Par 10/02/2026 - 16:38 • Mis à jour le 10/02/2026 - 22:27

Une fusillade à Fort-de-France a fait un mort et un blessé lundi (9 février) à De Briand. Ce 5ème meurtre depuis le début de l'année plonge les habitants et les acteurs de la MJC Floréal dans un profond désarroi face à l'insécurité grandissante.

    Fort-de-France : la population sous le choc après une fusillade mortelle au quartier De Briand

La stupeur et l'effroi dominent le quartier de De Briand à Fort-de-France au lendemain d'une soirée sanglante. Ce lundi 9 février, aux alentours de 23h, une fusillade a éclaté à proximité de l'église De Briand à Fort-de-France, coûtant la vie à un jeune homme et laissant une autre victime blessée.

Ce drame marque une étape particulièrement sombre en Martinique : il s'agit du 5ème meurtre perpétré sur l'île depuis le début de l'année.

« Ma jeunesse part sous les balles »

Selon les informations recueillies, un ou plusieurs individus circulant à moto auraient tiré en rafales lors de leur passage dans les deux sens, avant de prendre la fuite.

Des impacts de balles sont d'ailleurs visibles sur le mur de la crèche Les Balisiers, située à proximité. Une habitante du secteur a confié « avoir encore le bruit des détonations dans la tête », tandis que ce matin, des jeunes proches des victimes se sont rassemblés sur les lieux du drame.

Très affecté, Thierry Pastour, président de la MJC Floréal, souligne la portée symbolique du lieu et témoigne de son lien étroit avec les victimes :

C'est le cœur du quartier, à la limite entre Godissard et De Briand, mais nous sommes bien à Floréal. Ce sont, une fois de plus, des jeunes de Floréal qui tombent sous les balles. En tant qu'acteurs de la vie associative, cela nous attriste profondément, car nous nous donnons les moyens de les insérer pour qu'ils aient un avenir. La victime, je la connaissais ; c'est un assassinat. C'est un jeune issu d'une famille ancrée dans l'histoire de ce quartier. Nous n'acceptons pas de perdre un membre de notre famille, d'ici ou d'ailleurs. Il ne s'agit pas de monter les quartiers les uns contre les autres, car nous ignorons qui est passé cagoulé pour tirer. Le blessé, lui, est un jeune qui travaille à la MJC. Je suis dans le désarroi de voir ma jeunesse partir ainsi. Ayant grandi ici et connu la survie sociale, cela me révolte. Malgré les efforts des autorités, il y a quelque chose que nous n'avons pas encore réussi à saisir pour arrêter cela.

Un impact de la violence sur le voisinage

Peggy Charles, élue à la ville de Fort-de-France et conseillère du secteur de Floréal, rappelle que la sécurité du quartier est une préoccupation de longue date :

Au niveau de la crèche, mes collègues élus s'étaient déjà rapprochés du personnel pour comprendre comment ils vivaient cette proximité, suite à de précédentes alertes. Malheureusement, un meurtre a eu lieu, mais nous n'avons jamais lâché notre réflexion. Notre rôle est de trouver des réponses pour redynamiser le quartier et encadrer nos jeunes. Des habitants m'ont rapporté avoir entendu des détonations fortes et prolongées ; beaucoup sont sous le choc. Il y a quelques années, nous avions déjà connu cela, et nous étions loin de croire que cela recommencerait ici. Même si l'on voit l'évolution de la violence sur l'île et les risques liés à la circulation des armes, quand cela impacte notre propre quartier, c'est un véritable choc. On réalise que, désormais, toutes les familles peuvent être concernées.

La nécessité de mettre des mots sur l'horreur

Face à la stupeur et à l’inquiétude grandissante de la population, Peggy Charles informe qu'un accompagnement psychologique sera proposé à l’ensemble des personnes qui le souhaite :

Avec la municipalité, nous allons mettre en place une cellule de crise pour accompagner tous les jeunes choqués par ce drame, comme nous avons l'habitude de le faire. Nous allons également rencontrer le tissu associatif pour apporter des réponses au plus près des préoccupations de la jeunesse. Je tiens à souligner que nous sommes tous concernés par cette situation, à Fort-de-France comme ailleurs sur l'île. Nous devons tous mener une réflexion collective pour agir, mais il est tout aussi crucial d'obtenir des réponses concrètes en matière de sécurité.

Installée à proximité de la scène, une marchande de fruits et légumes a du mal a comprendre ce qui s’est passé dans le quartier ce soir là :

J'ai vu le rassemblement, j'ai vu des jeunes vraiment peinés. Eux-mêmes sont stupéfaits, car on se rend compte qu'il n'y a plus aucune sécurité ; avant, ce n'était pas comme ça. C'est usant, car on entend parler de drames tous les jours, ça ne finit jamais. Ce jeune, je l'avais vu passer. Justement, il y avait le marché, on m'a expliqué qui c'était. Je ne le fréquentais pas spécialement, c'était un petit jeune de 22 ans... Ça m'a fait quelque chose quand j'ai su.


√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.

Tags

À lire également