Conférence sur le trigonocéphale : mieux le connaître pour moins le craindre
Hier (19 juillet), une rencontre a été organisée au marché Manrina à l’espace Laguerre à Rivière-Salée. Animé par le chasseur de serpents Gilbert Ericher, ce rendez-vous, consacré au reptile emblématique de l’île, a rassemblé une cinquantaine de visiteurs curieux ou passionnés. L’occasion pour eux d’en apprendre davantage sur son comportement, son alimentation, son venin et sur les réflexes à adopter en cas de morsure.
Pendant presque deux heures, le public captivé a pu exprimer ses interrogations sur ce serpent, qui fascine autant qu’il effraie. Au fond de l'espace Laguerre, une foule s'amasse autour d'une estrade. Sur scène, Gilbert Ericher, chasseur de serpents, tente de démystifier le trigonocéphale, qui suscite de vives interrogations.
A lire également : Vivre avec son (serpent) trigonocéphale à l’heure de la biodiversité
Si la plupart du public ignore presque tout de ce serpent, cette conférence intéresse aussi des passionnés. Après les dinosaures, Jayden Thomas, 13 ans, s'intéresse aux reptiles et plus particulièrement aux trigonocéphales :
Je connais son venin, son lieu d’habitat, ses habitudes alimentaires… Ce sont des animaux fascinants.
Pour Lauwrane John Chelza, co-organisatrice de la rencontre, l'idée est aussi de sensibiliser les exposants du marché :
Nous sommes entourés d'agriculteurs et je pense que, tôt ou tard, quelqu’un ou nous-mêmes pourrions être confrontés à un serpent. Beaucoup d’entre nous, en Martinique, ont peur de cette bête, mais j'estime que mieux le connaître, c'est mieux nous protéger.
Avec son intervention, Gilbert espère atténuer les craintes autour de cette espèce protégée, dont la morsure est encore très redoutée. Il explique :
Le serpent est diabolisé. Il y a eu pas mal d'accidents, effectivement, qui ont entraîné la mort. Leur population à diminué énormément parce que les gens qui ne savent pas comment faire les tuent.
A lire aussi : 500 trigonocéphales congelés ont été découverts à Fonds-Saint-Denis
Pour Megan Quach, la collaboratrice de Gilbert, il faut le connaître mieux pour en avoir moins peur :
On essaye de sensibiliser les gens au maximum pour peut-être changer, ne serait-ce qu'un tout petit peu l'opinion de certaines personnes, de savoir qu'on en meurt plus comme on pouvait mourir avant.
Un passionné qui sensibilise
Gilbert Ericher capture des trigonocéphales à Fonds-Saint-Denis depuis une dizaine d’années. C’est d’ailleurs lui qui a conservé près d’une centaine de ces serpents dans son congélateur, des spécimens qui devraient être étudiés prochainement par un chercheur du CNRS. Il explique :
Il n'y a pas 500 serpents, mais une centaine au maximum dans le congélateur, qui sont mis à disposition des futurs biologistes. Ce sont des serpents très fragiles que je récupère parfois sur la route.
A lire également : Des serpents découverts dans un congélateur suscitent l'intérêt d'un chercheur du centre national de la recherche scientifique
Gilbert Ericher capture des trigonocéphales dans le but de prélever leur venin. Il nous dit tout sur son activité :
Quand un riverain voit un serpent, il appelle les pompiers. Si les pompiers ne peuvent pas se déplacer, ils m'appellent et je me déplace pour récupérer ce serpent. Nous sommes outillés, même si nous avons un petit matériel. Mais il faut éviter à la fois de se faire mordre et éviter de blesser ce serpent.
Gilbert Ericher rappelle que les trigonocéphales sont utiles pour la recherche :
On les met en cage pour les stocker. On les nourrit, puis on prélève le venin sur lequel on commence à travailler un petit peu sur l'île. Il sera ensuite envoyé au Costa Rica pour produire de l'anti-venin. Ça fait des années que je souhaite justement que les gens ne puissent pas tuer ce serpent, parce qu'il est très utile sur l'île.
Environ une trentaine de morsures sont dénombrées chaque année en Martinique. En cas de morsure, il est conseillé d'appeler le 15.
√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.







