[Trésors en commune] À la découverte de l’îlet Chancel au Robert
Durant les grandes vacances, la rédaction de RCI vous emmène à la (re)découverte de la Martinique à travers sa série « Trésors en commune » : chaque jour, du lundi au vendredi, cap sur une commune différente pour découvrir un lieu ou une activité qui vaut le détour. Aujourd’hui, direction le Robert pour découvrir l’îlet Chancel.
Situé au Robert, l’îlet Chancel est l’un des dix îlets de la commune, mais également le plus grand îlet de la Martinique : 70 hectares, deux kilomètres de long, 800 m de large et 67 m de haut.
L’îlet Chancel est un lieu chargé d’histoire, notamment avec les ruines encore visibles d’une ancienne habitation du 18ème siècle. Il abrite également l’une des dernières populations d’iguanes des Petites Antilles, l’iguane Delicatissima, qui est classé en danger critique d’extinction.
Entre nature et mémoire, ce site emblématique est accessible par bateau lors d’excursions organisées, à l’image de celles proposées depuis une dizaine d’années par Olivier Charpentier-Titi et sa compagnie Oliv’Express. La visite commence d’ailleurs avec l’histoire des 300 iguanes péyi présents sur l’îlet :
Quand ils sont trop nombreux sur l'îlet, ils sont réintroduits dans la nature. Ils sont suivis par les services de l'ONF (l'Office National des Forêts). Ils sont bagués, pucés, numérotés pour suivre et contrôler leur évolution.
Une surveillance nécessaire pour faire face à la menace d’un autre type de reptile, l’iguane rayé :
Le mâle iguane rayé, ou iguane commun, tue le mâle Delicatissima et s’accouple avec la femelle Delicatissima. Ce qui en ressort, c’est une espèce d’hybride rayé stérile. C’est comme ça qu’une espèce prend le dessus sur une autre espèce.
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Une histoire coloniale omniprésente
Il faut ouvrir l’œil pour apercevoir ces reptiles, qui se fondent parfaitement dans le décor des ruines d’une ancienne habitation sucrière et d’une briqueterie. Son propriétaire était Dubuc de Ramville. Ce colon a aussi construit un cachot particulièrement cruel pour les esclaves qui y travaillaient :
La particularité de ces cachots, c’est qu’ils étaient surtout accolés à des fonderies pour rendre la détention des esclaves la plus pénible possible, afin qu’il puisse faire très chaud à l’intérieur. De manière à ce que ce soit le plus pénible possible, ils n’étaient pas très hauts. Donc, la position dans les cachots, c’était un peu accroupi, en squat ou demi-squat.
La transmission de l’histoire coloniale, Olivier la prend très à cœur :
C'est très important, surtout que c'est très mal connu et qu’on n'a pas beaucoup d'écrits sur cette période. J'ai posé la question aux archives, ils pensent qu'il y avait au moins une centaine d'esclaves exploités ici pour faire fonctionner la sucrerie.
Écoutez le reportage de Morgane Garnier :
Coût de l’excursion pour en savoir plus sur les secrets de l’îlet Chancel : 55 € la demi-journée, et entre 85 et 95 € la journée complète.
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