Sécheresse en Martinique : l’état de calamité agricole demandé, élus et CTM réagissent à leur tour
Malgré les pluies du week-end, les agriculteurs de Martinique vont continuer à souffrir de la sécheresse pendant encore plusieurs mois. Le point sur la position de l’Etat mais aussi de la CTM et des parlementaires qui ont réagi ces derniers jours.
Confrontés depuis le début de l’année à une sécheresse très importante, les agriculteurs de Martinique espèrent bénéficier de l’état de calamité agricole.
La demande a, en tout cas, été déposée très tôt par la Direction de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt (DDAF) et va même être élargie, compte tenu de la sécheresse très importante en 2026.
Des dossiers à bien remplir
C’est ce que précise, Bertrand Hateau, chef du service de l’alimentation par intérim à la DAAF Martinique.
La procédure de calamité a été lancée et suit son cours. On a initié la démarche très tôt dans l'année sur un certain nombre de communes fortement impactées. Aujourd'hui, on est dans une démarche visant à étendre la reconnaissance de calamité à un territoire beaucoup plus important, considérant que la sécheresse s'est étendue et bien sûr, a été particulièrement renforcée cette année 2026. Sur la base des éléments qui sont produits par les professionnels, il peut y avoir une reconnaissance des préjudices subis et donc une aide apportée au producteur. Encore faut-il que ce dossier puisse être monté. Donc, il faut aujourd'hui travailler à établir ce dossier de reconnaissance de calamité agricole pour apporter des observations mesurées et clairement établies des préjudices qui sont subis afin qu’il y ait une reconnaissance par l'État des pertes et que des aides puissent être débloquées à l'intention des professionnels
Une fois les dossiers finalisés et validés, ces dossiers devraient notamment bénéficier aux secteurs les plus touchés, comme le maraîchage, l’apiculture, ou l’élevage.
Plus de 200 bovins morts
Depuis le début de l’année, plus de 200 bovins, sur un cheptel de 8000 bêtes, sont décédés à cause du manque de fourrage et de pâturages secs.
Cette semaine, le monde agricole s’est mobilisé à travers le don, par la coopérative Banamart de 13 tonnes de bananes issues d’écarts de vente, pour les éleveurs du sud en passant par la Codem, la Coopératives des Eleveurs de Martinique.
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Depuis cette opération médiatisée, la Collectivité Territoriale et plusieurs députés ont réagi par rapport à l’épisode de sécheresse qui fragilise le monde agricole.
Les députés interpellent et demandent des mesures
Les députés Jean-Philippe Nilor, Marcellin Nadeau dans un premier temps, suivis de Béatrice Bellay, sont montés au créneau.
Les deux premiers ont écrit à la ministre de l'agriculture pour « demander la mobilisation immédiate de l’État, et la mise en œuvre de mesures exceptionnelles pour accompagner les exploitations sinistrées », notamment :
- une « aide urgente pour l’abreuvement des troupeaux
- un soutien à l’achat de fourrages et d’aliments
- l’indemnisation des animaux morts du fait de la sécheresse
- un soutien à la reconstitution des troupeaux
- des mesures de trésorerie pour les exploitations sinistrées
- un véritable plan de sécurisation de l’eau agricole ».
Béatrice Bellay, elle, interpelle l’Etat sur des aides Poséi qui pourraient être perdues à cause d’abattages anticipés et la CTM, à qui elle demande, « un plan d’urgence Sécheresse ».
La CTM « prête à agir »
La Collectivité Territoriale de Martinique est justement sortie de « l’observation » dénoncée par Béatrice Bellay pour se fendre à son tour d’un communiqué.
Elle se dit « prête à agir » via les fonds Feader dès que l’Etat aura reconnu la catastrophe naturelle pour les communes et les filières concernées.
Dans l’attente de l’ouverture complète du dispositif sur la plateforme EUROPAC prévue d’ici la fin du mois de septembre, la CTM est également en capacité d’organiser, lorsque les conditions réglementaires seront réunies, le dépôt provisoire des demandes afin de ne pas retarder l’accompagnement des professionnels. Les expertises engagées sous l’autorité des services de l’État se poursuivent actuellement et la mission d’enquête a été prolongée jusqu’à la fin du mois de septembre afin de couvrir le maximum d’exploitations
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