[3/5 SÉRIE] Un an après le mouvement contre la vie chère : les prix restent jugés trop élevés
Un an après la signature du protocole visant à réduire le coût de la vie, les consommateurs martiniquais peinent à percevoir une véritable baisse dans les rayons. Entre les exonérations fiscales et le gel des marges, le dispositif semble encore loin de convaincre.
Initié par le RPPRAC, le Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens, ce mouvement a beaucoup marqué la Martinique.
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Après la rétrospective des faits marquants du mouvement social de 2024 et le point sur les entreprises frappées sévèrement par les émeutes en octobre 2024, la rédaction fait le bilan, ce mercredi 3 septembre, sur « la baisse des prix. »
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Des consommateurs épuisés
Depuis octobre 2024, plus de 6 000 produits alimentaires devaient afficher une diminution progressive de 20 %. L’octroi de mer a été ramené à taux zéro et, en mars dernier, une exonération totale de TVA a été appliquée sur 69 familles de produits de grande consommation.
En janvier, la préfecture annonçait une baisse moyenne de 8,4 % sur les produits concernés. Mais dans les foyers, le constat est tout autre.
Dans les rayons, nombreux sont ceux qui disent ne pas voir de différence.
Ils retirent 2 centimes sur un prix, sur un autre produit, ils ajoutent 20 centimes. Donc, c’est pire ce qu’ils nous font.
Rien n’a changé. C’est devenu encore plus cher. Plus cher qu’avant la vie chère. Par exemple, le paquet de blancs de poulet que j’achetais à 8 €, à présent, c’est 12 €
Des témoignages qui traduisent un sentiment d’injustice et de lassitude, malgré les promesses faites lors des tables rondes.
Une analyse partagée par les associations
Pour Éric Bellemare, président de l’Association Force Ouvrière Consommateurs (AFOC), la situation est claire :
Certes, les produits qui étaient ciblés, qui ont bénéficié d’exonérations de TVA, d’octroi de mer et tout, c’est vrai qu’on a vu qu’il y a eu une baisse. Par contre, il y a une péréquation sur d’autres produits qui, eux, ont augmenté. Au jour où nous parlons, le ressenti du consommateur, c’est que rien n’a changé et même la vie est devenue plus chère.
Les données de l’INSEE vont dans le même sens. L’indice des prix à la consommation continue de grimper dans l’alimentaire. Jean-Émile Simphor, maître de conférences en informatique et statistiques à l’Université des Antilles, l’explique :
L’augmentation des prix de façon globale est de 1,8 %, lorsqu’elle est de 0,6 à 0,8 % en France hexagonale. Donc, on est encore sur les mêmes tendances d’augmentation que l’année d’avant, 2023 par rapport à 2024. La baisse qu’on constate sur les 6 000 produits, elle est à peine perceptible.
Le protocole d’accord a été prévu pour trois ans, avec une période d’observation destinée à mesurer ses effets réels. Reste à savoir si, dans les prochains mois, les consommateurs ressentiront enfin une amélioration tangible de leur pouvoir d’achat.
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