Les agents d'état civil de Fort-de-France en droit de retrait face au manque de personnel
Face à une charge de travail jugée "humainement impossible" et un manque criant d'effectifs, les agents de l’état civil de Fort-de-France ont décidé de durcir le ton. Alors qu'un service minimum est instauré pour les urgences, syndicats et direction s'apprêtent à engager des négociations cruciales ce lundi 23 février.
Les agents de l’état civil de Fort-de-France ont fait valoir leur droit de retrait ce jeudi matin (19 février 2026). En cause : un manque de personnel criant et des conditions de travail jugées inacceptables.
Le service ne compte actuellement qu’une trentaine d'agents, un effectif insuffisant pour absorber la surcharge d'activité. Une réunion est prévue ce lundi 23 février à 11 heures, au 6ème étage de la mairie, afin de tenter de trouver une issue à cette crise.
Le cri d'alarme des agents
Si le dialogue reste ouvert avec la municipalité, les agents assureront un service minimum au moins jusqu’à lundi 23 février. Mickaël Nagou secrétaire général adjoint de la CGTM-FSM-FA-FPT, précise les modalités de ce mouvement :
Le droit de retrait des agents est maintenu d'ici là. Le DGS nous a indiqué qu'il ferait remonter l'ensemble des doléances à ses collaborateurs afin de dégager des pistes de solutions. Toutefois, nous lui avons signifié que l'état civil reste en droit de retrait ce vendredi. En tant que personnels responsables, nous avons néanmoins accepté d'établir une permanence au sein des cellules "Décès" et "Naissances". De plus, pour les cas de force majeure, nous pourrons traiter les demandes de cartes d'identité urgentes, par exemple pour un départ imminent à l'étranger ou en France métropolitaine.
Pour justifier le maintien du mouvement, le représentant syndical met en lumière le décalage flagrant entre les missions à accomplir et le personnel réellement disponible :
À l’état civil, chaque agent accomplit actuellement le travail de quatre ou cinq personnes. Humainement, c’est tout simplement devenu impossible. Nous demandons donc le recrutement de personnels dédiés pour étoffer l’équipe, car la situation est vraiment préoccupante. Sur la trentaine d’agents théoriques, beaucoup sont absents, soit en congé, soit en arrêt maladie, ce qui réduit considérablement l'effectif présent. Pour soulager l'équipe, il faudrait entre dix et quinze personnes supplémentaires. Nous savons pertinemment que la mairie ne pourra pas répondre immédiatement à toutes nos doléances, mais il est impératif de prendre en compte la souffrance des agents et de commencer à les soulager concrètement.
Une surcharge de travail et un manque d'effectifs
Face à la grogne sociale, la municipalité tente de désamorcer la crise en analysant les causes structurelles du malaise. Maurice Ferné, Directeur Général des Services (DGS) de la ville de Fort-de-France, détaille les raisons de cet engorgement :
Le problème de fond réside dans l’augmentation de la charge de travail par agent au sein de certaines cellules, un phénomène accentué par une réduction mécanique des effectifs. Plusieurs facteurs l'expliquent : des mobilités internes et externes, ainsi que de nombreux départs à la retraite. Nous travaillons actuellement avec les équipes et les managers pour identifier les priorités et apporter des réponses précises au personnel. Au-delà d'une première étape déjà franchie, nous menons une réflexion plus globale sur l’organisation et la gestion des effectifs. Face à ces situations de tension, notre objectif est d'apporter les solutions les plus appropriées pour soutenir les agents et garantir la meilleure qualité de service public possible.
Au-delà du manque d'effectifs, c'est aussi l'élargissement des compétences de l'état civil qui pèse sur le quotidien des agents du rez-de-chaussée. Le DGS précise l'ampleur des missions concernées et le calendrier des négociations à venir :
L'activité concerne l'ensemble des services situés au rez-de-chaussée de la mairie : les CNI et passeports, mais aussi les naissances, reconnaissances, mariages et décès. Le volume de travail est devenu extrêmement important, d'autant que de nouvelles missions se sont ajoutées au fil du temps, comme la gestion des PACS ou les procédures de changement de nom. C’est précisément cette charge que nous allons évaluer avec nos équipes. J’ai demandé des éléments précis aux managers en vue de notre prochaine séance de travail avec les organisations syndicales, prévue lundi en fin de matinée. Cette réunion nous permettra d'annoncer les mesures immédiates ainsi qu'un calendrier d'actions à plus long terme, basé sur la réalité du terrain. D'ici là, nous prenons le temps de collecter toutes les informations nécessaires pour être les plus précis possible dans nos réponses.
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