Cuba : des premières libérations après la grâce annoncée pour plus de 2 000 prisonniers à Pâques
Les autorités de Cuba ont commencé à libérer des prisonniers vendredi après avoir annoncé la veille la grâce de 2.010 détenus, la deuxième vague de libérations en moins d'un mois alors que La Havane fait face à une pression accrue de la part des Etats-Unis.
Une vingtaine de prisonniers ont été libérés dans la matinée, ont constaté des journalistes de l'AFP, ce vendredi (3 avril).
A leur sortie de la prison de La Lima, dans l'est de La Havane, plusieurs personnes libérées pleuraient et embrassaient les proches qui les attendaient.
« C'est une opportunité qu'on n'a qu'une fois dans la vie », a réagi Brian Pérez, 20 ans, qui purgeait une peine pour blessures.
Certains émergeaient de l'établissement pénitentiaire avec leurs affaires dans des valises et sacs à dos, quand d'autres portaient un simple baluchon sur l'épaule.
« Une très grande bénédiction »
« C'est une très grande bénédiction, cette grâce est vraiment bien tombée pour un paquet de détenus », a témoigné Damian Fariñas, âgé de 20 ans.
Il explique avoir été surpris par la nouvelle. Le jeune homme avait déjà effectué un an et huit mois de prison, pour vol avec effraction.
Jeudi soir, le gouvernement cubain avait annoncé une vague de grâces présentée comme un « geste humanitaire » à l'occasion de la Semaine sainte.
La Havane n'a pas mentionné de lien avec les discussions en cours avec les Etats-Unis, mais cette décision est intervenue quelques jours après que le président américain Donald Trump a desserré un blocus pétrolier de facto contre Cuba en autorisant un pétrolier russe à livrer du brut à l'île communiste en manque de carburant.
L'administration Trump a réclamé un changement de système sur l'île de 9,6 millions d'habitants, dirigée par les communistes, et le président américain a laissé entendre qu'il pourrait « prendre Cuba ». Mais les deux parties ont également tenu des pourparlers récemment.
Des libérations selon la nature des crimes
La libération de prisonniers politiques est depuis longtemps une exigence centrale des Etats-Unis à l'égard de Cuba.
Le gouvernement cubain n'a pas identifié les prisonniers graciés ni précisé les infractions qu'ils avaient commises, mais il a indiqué que les libérations seraient fondées sur la nature des crimes, la bonne conduite en prison, des raisons de santé et la durée de la peine déjà purgée.
Il a précisé que les personnes libérées n'incluraient pas celles ayant commis des meurtres, des agressions sexuelles, des crimes liés à la drogue, des vols avec violence ou des « délits contre l'autorité ».
Les autorités ont indiqué que parmi les libérés figureraient des jeunes, des femmes et des détenus de plus de 60 ans, ainsi que « des étrangers et des citoyens cubains résidant à l'étranger ».







