Séniors et personnes en situation de handicap : la CTM installe la première Conférence Territoriale de l’Autonomie

Par 28/04/2026 - 18:36 • Mis à jour le 28/04/2026 - 18:44

La Collectivité Territoriale de Martinique installe ce mardi 28 avril la première Conférence Territoriale de l’Autonomie. Cette nouvelle instance, issue de la loi « Bien vieillir », vise à mieux coordonner l'aide aux seniors et aux personnes en situation de handicap tout en renforçant la proximité et la réactivité du service public.

    Séniors et personnes en situation de handicap : la CTM installe la première Conférence Territoriale de l’Autonomie

La Martinique franchit une nouvelle étape dans l'accompagnement des personnes âgées ou en situation de handicap et de leurs aidants.

La Collectivité Territoriale de Martinique installe officiellement, ce mardi 28 avril la première Conférence Territoriale de lAutonomie.

Cette nouvelle instance a pour mission de coordonner les actions de prévention de la perte dautonomie, mobiliser les financements et de renforcer la cohérence des politiques publiques sur le territoire.

Mieux coordonner et accompagner

Issue de la loi du 8 avril 2024 « Bien vieillir et autonomie », cette conférence sinscrit dans la mise en place du nouveau Service Public Territorial de lAutonomie, avec lambition de rendre les parcours plus lisibles, plus accessibles et mieux coordonnés pour les Martiniquais concernés.

En 2014 en Martinique on comptait 10 000 personnes en situation de handicap contre plus de 30 000 en 2024.

Pour Carmen Fall, vice-présidente de la conférence citoyenneté et autonomie, ce nouveau service public devrait permettre de mieux accompagner les publics concernés dans leurs démarches du quotidien :

Il ne s'agit pas d'un ajout supplémentaire, mais d'une véritable refonte de notre organisation. Si les acteurs, les compétences et les guichets existent déjà, la loi d'avril 2024 nous impose désormais de structurer différemment nos réponses aux personnes en attente. Qu'il s'agisse de handicap ou de grand âge, l'objectif final est la satisfaction des usagers, car leurs besoins sont souvent simples. Prenons l'exemple de cette mère en zone rurale, sans véhicule, incapable de fournir une photo pour le dossier de son fils : faute de solution de proximité, l'accès aux droits est retardé. Cela nous oblige à faire preuve d'imagination. Je crois fermement que nous sommes une terre d'innovation capable de déployer des solutions adaptées.

« Aller vers » les populations fragiles

Selon Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la Collectivité Territoriale de Martinique, la lutte contre l’isolement des personnes fragiles est un enjeu majeur :

Il faut absolument aller vers les personnes, à proximité. On a vu avec les bus que nous avons mis en place pour aller vers et coordonner mieux en transversalité et éviter des parcours de combattant de la personne âgée qui se trouve totalement isolée, détecter les difficultés majeures, travailler sur le poli-handicap parce qu'on a à la fois beaucoup de personnes qui sont personnes âgées mais en même temps handicapées. Lutter contre l'isolement, ça demande de sortir de l'action macro proposition à du détail le plus près possible de la population. Parce qu'on a quand même une société qui a énormément évolué. On était dans une société il y a 40 ou 50 ans où le grand-père, tante et la grand-mère conjuguaient les efforts, les enfants étaient autour. Aujourd'hui, on est devenu une société un peu plus individualiste. Chaque fois, on oublie des fois qu'on a des tantes, des mamans, des papas qui sont en difficulté. Et à ce titre-là, c'est peut-être ce détail-là qui nous manque. Il faut y entrer et travailler sereinement.

Mieux cibler les besoins

Anne Kermarrec, directrice déléguée à lautonomie au sein de lAgence Régionale de Santé Martinique confie que laccompagnement des seniors et des enfants en situation de handicap mérite d’être mieux adaptée sur notre territoire :

On constate qu'aujourd'hui, les déplacements à domicile reposent en grande partie sur les associations d'usagers. Bien que certains dispositifs prévoient des visites à domicile, ils demeurent encore trop limités. Nous remarquons d'ailleurs que c'est souvent par l'intermédiaire des professions médicales ou paramédicales que nous sont signalées des situations qui auraient nécessité une prise en charge bien plus précoce. Dès lors, développer la démarche d'aller vers l'usager constitue un enjeu majeur et un objectif prioritaire.

Réduire les délais administratifs

La vice-présidente de la conférence citoyenneté et autonomie, Carmen Fall estime que les difficultés rencontrées par ces usagers âgés, isolés ou en situation de handicap peinent parfois a être entendues :

Nous avons avant tout besoin d’être compris. Parfois, nous ne savons pas précisément quoi demander, mais nous espérons que nos interlocuteurs prendront le temps d’écouter et de saisir nos attentes réelles. L'un des problèmes majeurs soulignés reste toutefois le délai de réponse pour certaines demandes. Pour beaucoup, une attente prolongée devient critique, notamment lorsqu'elle conditionne la mobilité : sans aide, la personne s'enferme dans l'isolement. Prenons le cas de ce monsieur dépourvu d'équipement ménager : chez une personne de 85 ans, cela engendre un risque réel de dénutrition. Ces retards administratifs peuvent avoir des conséquences graves sur la santé et précipiter une perte d'autonomie irréversible.


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