Procès du professeur de théâtre pour viols sur mineures : l'accusé se met en scène à la barre

Par 14/12/2021 - 20:01 • Mis à jour le 14/12/2021 - 19:55

José Egouy, accusé de viols et d'agressions sexuelles sur mineures, était à la barre cet après-midi (mardi 14 décembre) à la cour d'assises de Fort-de-France. L'ancien professeur de théâtre, niant les faits qui lui sont reprochés, aura semblé se mettre en scène lors de l'audience.

    Procès du professeur de théâtre pour viols sur mineures : l'accusé se met en scène à la barre

On n'est pas au théâtre ici, Monsieur

José Egouy, professeur de théâtre accusé de viols et d'agressions sexuelle sur mineures, était à la barre cet après-midi. 

"Reconnaissez-vous avoir commis des viols ?", lui demande la présidente. "Non madame". "Des agressions sexuelles ?, tente-t-elle. “Non madame".

Veste grise, jean, bottines marrons, son bandana rouge toujours à la main, l'accusé le jure : les cinq victimes, âgées de moins de 15 ans au moment des faits, mentent toutes.

"Pourquoi ?" Lui demande la présidente. “Pour l'argent Madame”. “Mais vous avez dit que vous étiez pauvre ?”, lui rétorque la présidente. “Là maintenant oui, mais avant, j'étais riche” dit-il. L'accusé a réponse à tout, mais ses discours sont de plus en plus décousus.

Face aux remarques agacées de la présidente, il souffle parfois comme épuisé, incompris, s'estimant être la victime dans cette affaire. “Je ne comprends pas qu'on puisse m'assimiler à un être aussi bestial”, affirme-t-il.

Tout au long de son passage à la barre, l'homme aujourd'hui âgé de 64 ans use et abuse de mises en scènes. Si bien que la présidente du tribunal le rappelle à l'ordre : “On n'est pas au théâtre ici, Monsieur”.

L'accusé nie en bloc

Sur sa relation avec les victimes, c'est simple : il les voyait pas ou peu et jamais seul, selon lui. D'ailleurs, il garderait toujours une certaine distance avec les enfants, précision qu'il apporte à de nombreuses reprises. 

Lui, l'inventeur des contes interactifs, lui vers qui tous les enfants affluaient, que Patrick Chamoiseau lui-même admirait, selon ses dires. Non, José Egouy n'a jamais rien fait de déplacé, ni viols ni attouchements, d'après lui.

Les victimes, "elles ne faisaient même pas de théâtre", dit-il. Des victimes qu'il pointe souvent du doigt, les qualifiant de "sournoises, mauvaises, menteuses, aguicheuses mêmes pour certaines". L'ancien professeur n'est pas avare en adjectifs.

Sur le banc, les jeunes femmes sont atterrées. L'une d'elles tente de se lever pour répondre mais elle est arrêtée par son avocate.

"Que pensez-vous des gens qui abusent d'autres personnes, des mineures surtout ?” demande la présidente. Réponse : “Ce sont des malades, Madame”.

Le procès reprend demain matin, avec l'examen de la personnalité de José Egouy. Le verdict est attendu jeudi.

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