Procès Shodon Emmanuel : le Saint-Lucien condamné à 20 ans de réclusion criminelle

Par 25/02/2026 - 16:52 • Mis à jour le 26/02/2026 - 06:25

Au terme du troisième et dernier jour du procès de Shodon Emmanuel à la cour criminelle de Fort-de-France, le Saint-Lucien de 29 ans, accusé d'enlèvements, séquestrations et viols, a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle.

    Procès Shodon Emmanuel : le Saint-Lucien condamné à 20 ans de réclusion criminelle

Ce mercredi 2026, au terme de trois jours d'audience, Shodon Emmanuel, Saint-Lucien de 29 ans accusé d'enlèvements, séquestrations et viols a été condamné à une peine de 20 ans de réclusion criminelle assortie d'une peine de sûreté aux deux tiers. Une condamnation qui avait déjà été requise par l'avocate générale.

Au terme de trois jours d'audience à la cour criminelle de Fort-de-France, Shodon Emmanuel fait également l'objet d'une interdiction de port d’arme pendant 15 ans, d'une interdiction définitive du territoire français et d'une interdiction de séjour en Martinique durant 10 ans.

L’accusé doit également verser la somme de 40 000 euros aux victimes de viols ainsi que 8 000 euros à la victime de violence volontaire.

Le poids du dernier jour du procès

Qualifiant le comportement de l’accusé de « ridicule » et « abject », l'avocate générale a fustigé le manque de respect constant de l'accusé envers les victimes et l'institution judiciaire, estimant qu’il s’était moqué de la cour durant une grande partie du procès. L’émotion était également très lourde ce mercredi 25 février dans la salle d’audience pour ce dernier jour de débats, pour les victimes et leurs familles.

Lire aussi : Acculé par les témoignages de victimes, Shodon Emmanuel avoue une partie des faits

Assises ensemble au dernier rang, elles se sont tenues les mains pour se soutenir face à la douleur des témoignages. Les avocats des parties civiles ont tour à tour expliqué à la barre à quel point cette affaire les a détruits.

Me Sutty a notamment décrit le calvaire de sa cliente qui, après avoir perdu beaucoup de poids, ne sort presque plus de chez elle, affirmant que sa vie a été complètement brisée. Une autre avocate a rappelé la gravité extrême des faits, soulignant qu'au viol se sont ajoutés les coups et l'enlèvement.

Les plaidoiries des avocats des parties civiles

La plaidoirie de Me Vieyra a particulièrement marqué l'assistance. Elle a d'abord mis en lumière la peur persistante des victimes qui ont choisi de s'isoler au fond de la salle pour ne pas être trop proches de l'accusé. Elle a insisté sur le fait que, contrairement à de nombreux dossiers, le violeur était ici un inconnu agissant par pure haine des femmes.

L'avocate a dénoncé l'attitude de Shodon Emmanuel qui, lors de ses aveux tardifs, a simplement déclaré : « Oui, j’ai violé celle-là, celle-là et celle-là ». Pour elle, ses aveux n'étaient qu'une stratégie personnelle face à un dossier accablant de preuves. En s'adressant directement aux victimes, elle a conclu par un souhait poignant : qu'elles arrivent un jour à oublier les étoiles sombres tatouées sur le visage de cet homme.

Les derniers mots de l'accusé

Pour ses derniers mots, Shodon Emmanuel avait pourtant tenu à se défendre, en remettant en cause son profil de "violeur en série" :

Je n’accepte pas qu’on m’appelle un violeur en série. Parce que si c’était le cas je serais toujours masqué, je n’aurai jamais ramener ses femmes près de chez elles. Ce sont des choses que j’ai faites sans pouvoir me contrôler. C’est la mère de son enfant qui lui a demandé de venir en Martinique pour se marier et fonder une famille. Ce que sa compagne lui a fait, l’a fait devenir fou, c’est pour ça que j’ai fait toutes ces choses.


√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.

Tags

À lire également