Procès Cherubin : l'avocate générale requiert 25 à 30 ans de réclusion criminelle contre l'accusé de 39 ans
La peine de 25 à 30 ans de réclusion criminelle a été requise ce mardi 3 février 2026 contre Fabian Chérubin. Jugé pour l'enlèvement et le meurtre de Marion Génin en 2008, l'homme de 39 ans a notamment fait face à un réquisitoire implacable de l'avocate des parties civiles.
Ce mardi 3 février 2026, l’avocate générale a rendu ses réquisitions dans le procès de Fabian Chérubin, jugé pour le meurtre de Marion Génin en 2008. Face à la "gravité exceptionnelle" des faits et au mutisme de l’accusé, la justice a réclamé 25 à 30 ans de réclusion criminelle, l'interdiction définitive du territoire français ainsi que l'interdiction de séjour en Martinique.
"Elle est devenue leur chose"
La plaidoirie de Me Cécile de Oliveira, avocate des parties civiles, a agi comme un électrochoc dans la salle d'audience. Face à un accusé qu'elle décrit comme "un homme contrôlé, d’une froideur exceptionnelle", l’avocate a mis des mots sur l’horreur de la séquestration subie par Marion Génin.
Marion Génin est devenue leur chose : sa vie est à eux, sa mort est à eux. Le récit de sa mort est encore à eux, et Fabian Chérubin le garde pour lui.
L'affaire est également gravée dans ce silence persistant de l'accusé de 39 ans, qui, s'il reconnaît sa présence, continue de nier avoir porté les coups mortels, désignant ses complices absents. En quelques mots saccadés, l'avocate a résumé la tragédie : "Ils l’ont attrapé, ils l’ont attaché, ils l’ont attaqué."
Submergée par l'émotion, l’avocate n'a pu retenir ses larmes, entraînant avec elle les proches de la victime présents sur les bancs. Face à cette détresse, le président a été contraint de suspendre l’audience pendant 20 minutes.
Une procédure "hors normes"
À la reprise, l’avocate générale a entamé ses réquisitions, soulignant la complexité d'un dossier marqué par 17 ans d'attente;
"C’est une procédure complexe, difficile humainement, et hors normes au vu de l’ampleur des investigations", a-t-elle rappelé, saluant l'important travail des enquêteurs, qui, au moment des faits, avaient remonté la trace des suspects grâce à des photos qu'ils avaient eux-mêmes prises avec le téléphone de la victime.
La magistrate a évoqué les autres affaires impliquant Cherubin et ses complices Roger Hilaire, Dany Francis et Roger Avril, dont celle du meurtre de Reynolds Repaul en 2008. Un moyen de démontrer que ces derniers ont agi en bande organisée.
Le rôle glaçant de Fabian Cherubin
La magistrate a ensuite décrit le rôle de l'accusé au sein du groupe : lorsqu'il fallait un "animal froid, qui ne panique pas, qui ne se laisse pas attendrir par des pleurs", c’est vers lui que l'on se tournait. Fixant le box, elle l'a alors interpellé : "Qu’est-ce qu’elle vous a fait ce soir-là pour déchaîner une telle violence ? Il fallait en arriver là pour deux valises et une carte bleue ?".
Déjà condamné par contumace à la perpétuité en 2022, Fabian Cherubin jouait ici sa dernière carte. Mais pour l'accusation, la responsabilité du Sainte-Lucien dans son parcours criminel marqué par des faits de vols à main armée, de séquestration et de meurtre, n'a fait aucun doute.
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