Procès du détournement de fonds à la CTM : reprise de l’audience dans deux semaines

Par 19/05/2026 - 09:33 • Mis à jour le 19/05/2026 - 15:55

Au procès du détournement de fonds à la CTM, l’audience a été suspendue hier soir (lundi 18 mai). Cinq des six prévenus devront de nouveau comparaître devant le tribunal correctionnel de Fort-de-France, le 4 juin prochain.

    Procès du détournement de fonds à la CTM : reprise de l’audience dans deux semaines

Il faudra encore patienter avant de connaître le dénouement de l’affaire de détournements de fonds à la CTM. Après une journée de débat, l’audience a été suspendue hier soir (lundi 18 mai), aux alentours de 20h. Cinq des six prévenus devront donc de nouveau comparaitre devant le tribunal correctionnel de Fort-de-France, le 4 juin prochain. Lors de l'audience, ils ont tous été entendus concernant les faits qui leurs sont reprochés : détournement de fonds publics, recel, abus de confiance, faux et usage de faux. Des faits, qui auraient été commis entre 2019 et 2024.

Au cœur de l’affaire : plusieurs millions d’euros détournés, issus d’une enveloppe destinée à la prestation de compensation du handicap (PCH). Partie civile dans ce dossier, la CTM est toujours impactée par ce préjudice, qui entrave le bon fonctionnement de la collectivité, comme le précise son avocate, maître Céline Burac :

On est sur une escroquerie aggravée à plus de 3,2 millions. Il y a énormément de frais d'audits qui ont été engagés, un préjudice moral également qu'il conviendra de dédommager. La difficulté pour la collectivité sera effectivement de recouvrer ces sommes. Dans le cadre de l'enquête, plus d'1,6 million ont déjà pu être saisi.

Clarisse Romany a reconnu les faits

Principale prévenue dans cette affaire, Clarisse Romany a reconnu les faits d’escroquerie et de blanchiment. Selon son avocat, maitre Philippe Sénart, il convient désormais d’analyser les contours de sa personnalité, pour comprendre les motivations de ces actions :  

Sur le plan professionnel, elle est quasiment sans difficulté, sans faute, sans tâche. Puis à un moment donné, elle va commettre des actes d’escroqueries. Vous avez une personne qui a nécessairement une faille, puisqu’elle va dépenser des sommes fabuleuses auprès de voyants, qui vont tacher de la rassurer avec des propos plus ou moins légers. Sur le plan des faits, il n'y a pas de difficulté sur la responsabilité de ma cliente, mais sur le plan de sa personnalité, il y a énormément à dire.

Depuis son poste d’assistante administrative à la CTM, qu’elle occupait depuis 2013, tous les protagonistes auraient été en lien avec elle : son ancien banquier, son ex-compagnon, des proches, mais aussi des membres de sa famille.

La plupart reconnaissent les faits qui leur sont reprochés : blanchiment, recel ou encore escroquerie. Tous décrivent un même engrenage et pointent le rôle central de Clarisse Romany. Selon eux, elle aurait poussé à poursuivre ce stratagème, mis en place dès 2019, et l’aurait amplifié après sa rencontre avec Fabrice Duragrin en 2021.

"Une femme manipulatrice" 

Si ce dernier admet son implication, il décrit une femme manipulatrice, qui l'a “embobiné” pour parvenir à ses fins. Du côté de la famille, les aveux sont plus mesurés. Le frère de Clarisse Romany reconnaît avoir bénéficié de plusieurs avantages : croisières,vêtements ou encore dépôts d’espèces sur différents comptes. Toutefois, il assure ne pas avoir connu l’origine frauduleuse des fonds, avant les premières perquisitions.

Même ligne de défense pour la mère de Clarisse Romany, qui affirme avoir cru sa fille, sans jamais soupçonner l’ampleur du système. Des versions, qui peinent à convaincre la partie civile, la procureure et le président du tribunal, au regard notamment, des auditions et des échanges téléphoniques versés au dossier.

Le procès doit reprendre le 4 juin prochain, avec les plaidoiries et les réquisitions du parquet, particulièrement attendues dans cette affaire. 


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