« Une forte pénurie de miel en Martinique » : les apiculteurs en détresse face aux conséquences des fortes chaleurs
Alors que la Martinique fait face à des épisodes de fortes chaleurs et de sécheresses intenses, un secteur est frappé de plein fouet : l’apiculture. Pour la deuxième année consécutive, les ruches martiniquaises sont durement impactées. Les professionnels lancent un appel à l’aide.
40% : c’est le taux de ruches perdues cette année à la suite des aléas climatiques survenus ces dernières semaines. Cela représente 80% de perte sur les productions, pour les 300 apiculteurs martiniquais concernés.
Parmi eux, Jean-Pierre Jorite est aux abois. Apiculteur depuis 36 ans, le président de l'Association pour le Développement de l'Apiculture Martiniquaise (ADAMAR), gère 400 ruches réparties entre les Anses d'Arlet, le Diamant et la baie de Genipa. Cette année, il a vu sa production chuter de 85%.
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Car dans une végétation desséchée, les abeilles ne trouvent plus assez de nectar pour produire du miel. Jean-Pierre Jorite a donc dû s'adapter et investir dans un nourrissement de substitution pour ses ruches :
C'est de l'appoint pour permettre aux abeilles de subsister jusqu'à la prochaine floraison. Ça va nous coûter très cher en nourrissements, puisqu'il faut compter deux nourrissements par ruche et par mois. Une alternative coûteuse, mais qui permet aux ruches de tenir le coup temporairement.
Le comportement des abeilles change
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Dominique Lof, président du Syndicat des apiculteurs martiniquais et éleveur d'abeilles depuis plus de 40 ans, constate que les butineuses adoptent des stratégies de survie peu communes. Il explique :
Les abeilles se pillent entre elles, puisqu'elle ne trouve pas de nourriture. Et en plus d’une forte mortalité, les vagues de chaleur fait qu’elles désertent les ruches. On suppose également que les abeilles ventilent énormément pour pouvoir conserver leur corps à une certaine température et je pense qu'elles s'épuisent.
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Les deux représentants de la filière se disent impuissants. Sous peu, le miel « made in Martinique » pourrait donc disparaître des rayons. Dominique Lof, président du syndicat des apiculteurs martiniquais :
En général, l'apiculteur, sur la période de miellé, stocke du miel en plus d’en vendre. Cela lui permet de tenir jusqu’à la saison d'après. En général il a du miel à offrir à ses clients jusqu'au mois de février mars. Je pense que cette année, ce ne sera pas le cas. On aura une forte pénurie de miel en Martinique.
L'association pour le Développement de l'Apiculture Martiniquaise (ADAMAR) réclame des aides d'urgence et le Syndicat des Apiculteurs de Martinique doit se réunir prochainement pour tenter de trouver des solutions.
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