Fréquentation hôtelière : les perspectives de la rentrée suscitent des inquiétudes
Les grandes vacances sont satisfaisantes pour les professionnels du tourisme, mais les perspectives de rentrée suscitent des inquiétudes. Les prévisions du trafic aérien évoquent une baisse de 10 à 15 % en septembre.
Les grandes vacances restent plutôt satisfaisantes pour les professionnels du tourisme, toutefois, les perspectives de la rentrée suscitent davantage d’inquiétude. Entre septembre et la mi-novembre, les réservations affichent pour l’instant un retard inhabituel, tandis que les prévisions de trafic aérien évoquent une baisse de 10 à 15 %.
Un tableau à nuancer : les séjours se décident de plus en plus au dernier moment et certains établissements résistent grâce à la clientèle locale. Pour Sébastien Gintz, président du Cluster Zilea, deux tendances se dégagent :
Sûrement liées aux différentes fluctuations de l'économie mondiale, que ce soit pour les billets d'avion, pour des touristes qui viendraient de l'Hexagone ou d'ailleurs, ou même pour les locaux, on constate que les gens attendent vraiment la dernière minute. Et la deuxième tendance que l'on observe, elle est vraiment liée au pouvoir d'achat. On se rend compte que les séjours raccourcissent, les notes de tout ce qui est dépenses annexes à l'hébergement diminuent.
Des arbitrages que confirment les vacanciers habitués aux prix pratiqués au Royaume-Uni et ailleurs en Europe. Cette touriste ne s'attendait pas à un coût aussi élevé en Martinique :
Quand on part, on pense que tout coûte moins, pas comme l'Europe, pas comme le Royaume-Uni où je vis. J'étais un peu choquée. Les prix sont un peu plus hauts que ce que je pensais.
L'impact du "last minute"
Par ailleurs, les professionnels du tourisme ont de plus en plus de difficultés à anticiper leur activité. Les vacanciers réservent désormais parfois quelques jours seulement avant leur séjour, voire le jour même. Cet essor du « last minute » brouille les prévisions, notamment pour la basse saison, comme l’explique Sébastien Gintz :
Les prévisions que nous faisions et que nous faisons encore aujourd'hui sont forcément faussées. Quand on avait des délais de réservation qui étaient de trois à six mois, qui existent toujours, mais qui ont tendance à se réduire, forcément, les prévisions sont moins bonnes. Les mois de septembre-octobre risquent d'être historiquement bas cette année.
Néanmoins, tous les établissements ne suivent pas cette tendance baissière. Les hôtels Karibéa affichent une progression de 15 points en juillet, portée principalement par la clientèle locale selon Yann-Olivier Véronique, le directeur commercial et marketing des établissements :
La clientèle locale a une autre approche et une autre utilisation des produits hôteliers, contrairement aux clients extérieurs qu'on a en haute saison et qui viennent découvrir la Martinique. Les locaux viennent à l'hôtel pour vraiment profiter des infrastructures. C’est pourquoi on a mis un produit tout inclus et effectivement, c'est un pari qui s'est révélé gagnant.
Le groupe se montre même plutôt confiant pour septembre et octobre. Une visibilité qui contraste avec celle de l’ensemble du secteur, où les carnets de réservation se remplissent désormais au dernier moment.
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