[Série – Trésors en commune] Le Ghetto : entre art culinaire et culturel

Par 29/07/2026 - 15:16

[EPISODE 16/34] Durant les grandes vacances, la rédaction de RCI vous emmène à la (re)découverte de la Martinique à travers sa série « Trésors en commune » : chaque jour, du lundi au vendredi, cap sur une commune différente pour découvrir un lieu ou une activité qui vaut le détour. Aujourd’hui, arrêt dans le nord atlantique, à la découverte d’un restaurant incontournable du Marigot.

    [Série – Trésors en commune] Le Ghetto : entre art culinaire et culturel

Situé en plein bourg sur la rue principale, vous ne pouvez pas louper le restaurant le Ghetto.

Créé il y a plus de 30 ans par Félix Fleury, l’établissement regorge de pépites : des tableaux, une collection de chapeaux mais aussi des hommages à Eugène Mona, chanteur et flutiste martiniquais qui était également l’ami du gérant.

Parmi les plats proposés : les brigots, court bouillon, blaff...

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Félix Fleury, le gérant du restaurant le Ghetto, revient sur son concept unique :


Si on ne connaît pas le Ghetto, on ne s'y arrête pas parce qu'on pense que c'est un petit bar. 

En effet, vu de l'extérieur, le restaurant ne paie pas de mine. Il faut oser y entrer pour découvrir sa décoration atypique et toute son authenticité. Félix Fleury, le gérant, décrit :



C'est un carrefour d'art, l'art culinaire, l'art pictural, l'art musical. Dès que tu viens avec une vibration positive, il n'y a pas de souci. Et nos traditions sont aussi bien gardées.

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En attendant d'être servi, on peut également découvrir une collection de chapeaux exposés comme des œuvres d'art. Il raconte :


La première fois que j'ai voyagé aux Saintes, j'ai ramené un petit chapeau. Après, je ramenais un chapeau à chaque fois que je voyageais. Puis les clients, après avoir vu ça, me ramenaient des choses également. Le képi du premier gendarme antillais qui est arrivé en Martinique est là. Celui de la première femme douanière sur route aussi. C'est devenu international parce que des gens du Canada et de France m'ont apporté aussi des chapeaux.




C'est dans les années 80 que l'aventure commence pour Félix. Il décide de reprendre le restaurant de sa mère avec le soutien d'un précieux ami, Eugène Mona. Il se souvient : 


Quand j'ai commencé à faire de la musique avec Eugène Mona, il me disait tout le temps de prendre un instrument pour jouer. On avait pas d'endroit où jouer, où aller. Il me donnait des idées. A tel point que j'ai fini par prendre les suites de ma mère.


Et plus de 30 ans après, l'établissement se maintient, malgré la difficulté, les sargasses, notamment, qui freinent l'activité. Mais Félix ne lâche rien, le ghetto reste ouvert tous les midis :


A l'époque je faisais beaucoup de sport. Donc, on a sympathisé tout de suite. D'ailleurs, il avait l'art de sympathiser avec tout le monde. Il se trouve qu'après un entraînement, il nous a ramené chez lui parce qu'il avait une batterie et des ti bwa, une guitare et des flûtes. Et il nous amusait comme ça, on faisait de la musique. On était dans le jeu. Et puis un jour, il me dit : « Les gars, on est prêts, on va faire un spectacle. »  Alors je lui ai dit que je n'avais jamais fait ça, que je faisais ça pour rire. Ce qui fait que le jour où il nous a dit de venir jouer, nous ne n’y sommes pas allé au début, mais nous sommes quand même arrivés. Et là, il a arrêté la musique, et a dit : "Voilà les deux musiciens qu'on attendait !". Je t'assure que sortir de là où on était pour arriver au podium, c'était long. C'était long. Et puis, ça a permis à nous décomplexer. De ça, on a continué avec lui jusqu'à sa mort.

De quoi se régaler, tout en étant immergé dans les souvenirs de Félix Fleury.

Le restaurant Le Ghetto est ouvert tous les midis au Marigot. Comptez entre 10 et 20 euros pour un repas. 


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