[Série - Trésors en commune] Maison de la Vannerie : apprenez le tissage amérindien traditionnel

Par 16/07/2026 - 08:30 • Mis à jour le 16/07/2026 - 17:03

[EPISODE 8/34] Durant les grandes vacances, la rédaction de RCI vous emmène à la (re)découverte de la Martinique à travers sa série « Trésors en commune » : chaque jour, du lundi au vendredi, cap sur une commune différente pour découvrir un lieu ou une activité qui vaut le détour. Pour ce nouvel épisode de notre série « Trésor en commune », direction la Maison de la Vannerie, à Sainte-Marie.

    [Série - Trésors en commune] Maison de la Vannerie : apprenez le tissage amérindien traditionnel

Héritée des Amérindiens, premiers habitants de la Martinique, la vannerie est un savoir-faire ancestral qui consiste à tresser des fibres végétales pour créer des objets du quotidien. 

Fondée en 1967 par Guy Sébastien, la Maison de la Vannerie rassemble les artisans vanniers de la commune en un même lieu. Aujourd'hui, quinze vanniers y perpétuent cette tradition, transmise de génération en génération, tout en la faisant découvrir au grand public. Pour enrichir leur pratique, ils échangent également leur savoir-faire avec les vanniers de la Dominique et de la Guyane. 

Venue passer ses vacances en Martinique, Océane s’essaie au tressage. Une première expérience qu'elle apprécie tout particulièrement :

C'est facile à faire. On comprend rapidement, c'est cool et ça détend.

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Issues du cachibou ou encore de l'aroman, les fibres végétales sont minutieusement nettoyées et préparées avant d'être aptes au tressage. France, vannier professionnel, nous détaille les étapes :

Il faut enlever la peau pour accéder au centre du cachibou. Ensuite, il faut tresser, bouillir et ça devient blanc au soleil. Et après, pour qu'on puisse travailler les membres, il faut tirer, c'est-à-dire enlever la moelle, récupérer la moelle et le blanc qui est le membre pour pouvoir travailler les objets.

Corbeilles à pain, valises, sacs ou encore les célèbres soleils, la réalisation des objets peut prendre de nombreuses heures, voire plusieurs jours. En stage dans l'atelier "La Paille Caraïbe", Jean s'exerce à la réalisation d'une petite bonbonnière. Tout un programme pour ce retraité très méticuleux :

Pour bien travailler, il faut mouiller les fibres. Donc, je mouille les fibres d'autant plus qu'il faut que je fasse des points d'arrêt qui consistent à casser le bout des fibres des montants pour que ça arrête le reste de l'ouvrage. Ce n'est pas évident car il faut les mouiller sans cesse.

Tout se tresse à la main

Ici, tout se tresse à la main. Pour Yolène Jean De Dieu, animatrice à la Maison de la Vannerie, pas question de remplacer les doigts par des machines :

Ce ne sera pas la même chose. Ce sera travailler à la chaîne, mais ce n'est pas comme ça. Nous, ce qu'on fait, c'est unique et ce sera toujours unique et rien ne va changer ça

La vannerie permet aussi aux plus petits de réaliser une grande variété de créations. Yolène Jean De Dieu en dit plus : 

Les enfants peuvent déjà apprendre. Ca leur demande une concentration et peut-être qu'ils vont aimer. Pour le plus petit objet, comme un dessous de verre, deux heures de temps à peu près. Nous avons des motifs qui sont déjà ancrés dans notre tête, il suffit de les appliquer sur les objets qu'on réalise. On a le tissage à plat, le motif traditionnel, et les motifs modernes, c'est tout ce qu'il y a avec dessin qu'on retrouve sur les bouteilles, sur certains objets.

Josette Massolin, adjointe au maire déléguée à la culture et au patrimoine, explique l’importance de cet art ancestral : 

La vannerie est un patrimoine fort. C’est un patrimoine naturel, culturel, immatériel et humain. Il y a tout un récit derrière. Par exemple, nous avons le récit « Capitaine Nicolas ». Là, ils font un récit sur le vannier qui écrit l’histoire du Morne-des-Esses.

Passionné d'art, Jean s'est initié à la vannerie il y a quelque temps. Il raconte son expérience :

C'est quelque chose qui provient de nos ancêtres, qui provient des Amérindiens, et la culture m'intéresse. Je vois toutes ces belles choses qu'on fait avec le tressage. Je trouve ça vraiment génial de pouvoir faire ces motifs.

Les vannières du Morne des Esses sont les dernières à utiliser les plantes de la tradition Caraïbe. La Maison de la Vannerie se situe à Sainte-Marie. 


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