« Le tennis progresse, le padel explose » en Guadeloupe : le constat de Gilles Moretton, président de la FFT

Par 02/05/2026 - 14:23 • Mis à jour le 03/05/2026 - 12:12

En visite officielle, le président de la Fédération Française de Tennis (FFT), Gilles Moretton, dresse un bilan solide de la pratique de cette discipline au sein de l'archipel et expose sa stratégie pour soutenir les équipements et les nouvelles disciplines comme le padel en Guadeloupe.

    « Le tennis progresse, le padel explose » en Guadeloupe : le constat de Gilles Moretton, président de la FFT

Invité du journal de 13 heures présenté par Margaux Boddaert ce samedi (2 mai), Gilles Moretton, président de la Fédération Française de Tennis (FFT) a profité de son passage sur l'archipel pour réaffirmer le soutien de l'instance nationale aux clubs locaux et aux nouvelles disciplines.

À l’écoute des acteurs locaux

De passage en Guadeloupe pour une visite de trois jours au cœur des clubs de l'archipel, le président a tenu à souligner l'importance cruciale de la proximité avec les acteurs de terrain.

Pour le président de la FFT, ce déplacement s'inscrit avant tout dans une volonté de dialogue et de reconnaissance du travail accompli localement :

L'objectif, c'est d'abord la rencontre avec la Ligue de Tennis de Guadeloupe et notamment son président, Jean-Philippe Danican, avec qui nous travaillons régulièrement et qui réalise un travail extraordinaire. C'est aussi l'occasion de saluer tous les bénévoles qui œuvrent au niveau de la Ligue comme des clubs pour échanger et partager. Nous venons écouter les problématiques spécifiques rencontrées dans les territoires d'outre-mer. C’est un exercice que nous avons déjà mené en métropole, à La Réunion, puis récemment en Guyane et en Martinique. Nous devons prendre en compte les spécificités territoriales pour développer nos pratiques, car la Fédération française ne se résume pas uniquement au tennis.

Pas de crise en vue

Alors que certains s'interrogent sur la santé financière du sport local par analogie avec d'autres disciplines, le président de la Fédération se veut rassurant, préférant parler de défis d'équipement plutôt que de crise :

Il n'y a pas de difficulté particulière à la Fédération française de tennis, ni à la Ligue de Guadeloupe. Le tennis se porte très bien. Il y a certes énormément de projets à mener, et c'est précisément la raison pour laquelle nous sommes là : pour écouter les besoins des clubs en termes d'équipement. Sur ce point, nous travaillons main dans la main avec les collectivités et nous aidons au financement. Nous avons la chance, à la Fédération, d'être propriétaires de nos événements, comme Roland-Garros ou le Rolex Paris Masters. Ces grands rendez-vous génèrent des recettes qui sont ensuite redistribuées aux territoires. Nous accompagnons ainsi le haut niveau, le développement de la pratique et surtout l'équipement, ce qui est essentiel car les courts s'usent et vieillissent. Nous soutenons aussi la diversité des disciplines, car au sein de la fédération, nous intégrons le tennis, le padel, le beach tennis, le para-tennis (fauteuil, sourds et malentendants), le cécitennis, et désormais le pickleball, une nouvelle pratique venue des États-Unis très accessible à tous.

Le padel, moteur de croissance

Face à l'essor fulgurant du padel, Gilles Moretton balaie l'idée d'une concurrence frontale avec le tennis classique, y voyant au contraire un moteur de croissance pour l'ensemble des clubs :

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Cette pratique est intégrée à la fédération depuis 2014, même si elle a été un peu délaissée jusqu'en 2020. Nous l'avons ressortie des tiroirs à notre arrivée à la gouvernance. À l'époque, certains craignaient que les joueurs de tennis ne délaissent les courts pour le padel ou que cela monopolise l'attention. C'est une pratique émergente et un sport passionnant car très accessible, convivial et créateur de lien social. Or, les résultats sont clairs : quand j'ai pris la tête de la fédération il y a cinq ans, nous avions 940 000 licenciés ; nous en avons 1,3 million aujourd'hui. Le tennis progresse, le padel explose, et toutes les disciplines bénéficient de cette dynamique de multiactivité. Pour nos clubs, qu'ils soient en Guadeloupe ou en métropole, l'intérêt est de proposer une offre diversifiée pour les familles et les amis. Que l'on joue au padel, au tennis ou au beach tennis, tout le monde y trouve son compte et notre fédération se porte bien grâce à cela.

L'éloignement, un frein pour les joueurs

Concernant l'éclosion des talents ultramarins vers l'élite mondiale, le président identifie l'isolement géographique comme le principal frein, tout en détaillant les solutions mises en place par la FFT pour briser cet isolement :

C'est une question fondamentale. À un moment donné du parcours, l'éloignement pose forcément problème. Nous sommes là pour essayer de combler ce manque, notamment concernant les moyens financiers nécessaires pour aller affronter des joueurs de son niveau dès le plus jeune âge. Nous allons donc multiplier les tournées entre la métropole et les territoires d'outre-mer, en particulier la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. Un circuit spécifique a d'ailleurs été créé entre la Guyane, la Martinique et Bordeaux pour permettre aux jeunes, d'ici comme de métropole, de disputer le plus de matches possible. Si l'éloignement reste un inconvénient, nous avons déjà initié des solutions concrètes, comme le parrainage de certaines ligues.


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