Mal-être agricole : le réseau des Sentinelles dresse un bilan et renforce sa prévention en Guadeloupe
Face au mal-être croissant des agriculteurs, le réseau des « Sentinelles », piloté par la CGSS de Guadeloupe et Saint-Martin, mise sur un meilleur maillage entre services de l’État et acteurs de terrain pour repérer les signes de détresse et briser l’isolement des exploitants.
Parce que le mal-être agricole reste difficile à repérer, le réseau des Sentinelles, piloté par la CGSS (Caisse Générale de Sécurité Sociale) de Guadeloupe et Saint-Martin, renforce sa mobilisation et sa prévention sur le territoire.
Ce vendredi 20 mars, une session de rentrée a réuni de nombreux acteurs et professionnels pour dresser le bilan de l’année écoulée.
L'objectif est clair : mieux identifier les situations, lever les freins et améliorer l’accompagnement des agriculteurs en difficulté.
Une action complémentaire sur le terrain
Pour Émeline Romuald, coordonnatrice à la DAAF, l'efficacité du dispositif repose avant tout sur un maillage étroit entre les services de l'État et les acteurs de proximité :
Il existe déjà des collaborations, notamment avec la MSA (Mutualité Sociale Agricole). Leurs équipes sont très présentes sur le terrain, tandis qu’à la DAAF, nous recevons les signalements. Si cela concerne les aides que nous versons, nous intervenons directement. Sinon, nous orientons les agriculteurs vers l'organisme le plus apte à répondre à leurs problématiques.
Repérer et agir
Yaëlle Talis-Nègre, chargée de développement à la CGSS, hiérarchise les facteurs de détresse pour expliquer la nécessité de ce programme de prévention :
Le Programme de prévention du mal-être en agriculture a été mis en place suite au premier Plan national de prévention du suicide. Pour la CGSS, c'est un enjeu fondamental. Aujourd'hui, la première cause de détresse est le vandalisme et le saccage des exploitations. La deuxième est la maltraitance institutionnelle, liée aux délais d'attribution des aides et subventions, particulièrement pour les jeunes agriculteurs.
Un décloisonnement nécessaire
Isolement, difficultés économiques, pression administrative... face à ces facteurs de fragilité, les premiers résultats commencent à émerger depuis le lancement du plan en 2023 selon la chargée de développement :
On constate que depuis que les Sentinelles sont présentes, l'accompagnement se précise. Ce plan favorise le décloisonnement institutionnel. Il s'agit de détecter les signes précoces et de fournir des outils de premier niveau en psychologie. Les situations sont ensuite évaluées et remontées vers le service social pour la mise en place d'un accompagnement global.
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