Hausse des carburants : « Je travaille à perte », l'alerte des infirmières libérales en Guadeloupe
Face à la flambée des carburants ce mercredi (1er avril) et au gel de leurs tarifs depuis 17 ans, les infirmières libérales tirent la sonnette d’alarme. Cette asphyxie financière les contraint désormais à des arbitrages inédits, menaçant l'accès aux soins des patients les plus isolés.
En Guadeloupe, les infirmières libérales tirent la sonnette d’alarme face à la hausse des carburants, ce mercredi (1er avril).
Celle-ci pèse directement sur leur activité et sur l’accès aux soins à domicile. Une profession qui n’a pas été revalorisée depuis près de 20 ans et qui commence à ressentir le poids de trop.
Le prix du soin dans l'impasse
Avec une moyenne de 150 kilomètres parcourus chaque jour, soit environ 1 000 kilomètres par semaine, les infirmières libérales multiplient les passages à la pompe.
Cependant, les indemnités kilométriques de l'Assurance Maladie stagnent et ne compensent plus la hausse des prix du carburant.
Face à cette situation, certaines soignantes commencent à faire leurs comptes et à faire des choix, comme le souligne Soumïâa Sayah, infirmière libérale et présidente du syndicat Convergence Infirmière.
On a deux à trois pleins à faire par semaine. Ça a fait une augmentation conséquente de 20 à 25 € en plus par plein. Et ça, ce n'est pas possible pour nous. Pour un pansement qui me coûte en net 8 ou 9 €, ça vaut pas le coup. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que demain, pour aller faire une prise de sang à 7 €, je fais pas un détour. Si moi, on me donne pas une aide gouvernementale comme tout le monde l'a eu.
L'impact sur les plus fragiles
Des arbitrages qui ont un coût humain direct, car derrière la prise de sang refusée, c'est un patient isolé, souvent poli, pathologique, qui risque de ne plus être suivi à domicile. Pour Soumïâa Sayah, l'impact sur les patients les plus vulnérables est désormais inévitable :
Aux nouveaux patients qui arrivent, on est obligées de dire : "Non, madame, je suis désolée, mais si je vous prends en charge sur ce créneau, ce n’est plus possible, je travaille à perte." On leur explique qu’on ne peut plus faire de détours parce que cela nous coûte trop cher. Vous vous rendez compte de ce qu’on doit dire aux gens ? Comme toujours, nous, les infirmiers libéraux, restons les grands oubliés.
Charges en hausse, revenus en berne
Et pendant ce temps, la profession encaisse les difficultés. L'infirmière libérale explique que la réforme du bilan de soins infirmiers a réduit les indemnités de passage, alors que les patients sont de plus en plus lourds à prendre en charge :
On n'a pas été revalorisé depuis plus de 17 ans. À côté de ça, l'URSSAF, la CARPIMKO, les impôts, le logiciel infirmier augmentent. On ne gagne plus rien. On a beaucoup d'infirmiers endettés qui n'arrivent plus à payer leurs charges. Il y a un épuisement professionnel conséquent. Il faut trouver les fonds et se débrouiller, mais il faut nous les donner, parce que sinon, ça va être une catastrophe sanitaire.
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