Violences sexuelles faites aux enfants : France Victimes Martinique lance un appel au gouvernement
Après l’émoi et l’indignation suscités par l’affaire Lyhanna qui a mis en lumière les dysfonctionnements de la justice, les associations d’aide aux enfants victimes de violences sexuelles tirent la sonnette d’alarme et proposent plusieurs recommandations à l'Etat.
A l’échelle nationale, la Fédération France Victimes, qui regroupe près de 130 associations, a formulé plusieurs propositions « simples et immédiatement opérationnelles » pour améliorer la prise en charge des enfants victimes de violences sexuelles.
Publié le 26 juin, « Les propositions des 100 jours » se décline en 3 points majeurs : le repérage immédiat des violences, l’accompagnement systématique des victimes, ainsi que leur protection.
En Martinique, ces propositions sont soutenues par l’ADAVIM, l’Association d’Aide aux Victimes et de Médiation Pénale. Il s’agit de la seule association agréée par le ministère de la Justice sur le territoire.
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« une défaillance systémique »
Rien qu’en 2025, l’association a accompagné pas moins de 73 mineurs, dont 57 filles et 16 garçons. Parmi eux, 16 ont pu bénéficier d’un accompagnement psychologique spécialisé, principalement dans des situations d’infractions à caractère sexuel et de violences. Elle appelle aujourd’hui à une mobilisation « immédiate et collective » sur le territoire.
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Maitre Dina Rioual-Petit, présidente de l’ADAVIM, évoque une défaillance systémique. Selon l’avocate de formation, il faut des moyens certes, mais aussi une véritable volonté d’agir de la part de l’Etat. L’association martiniquaise et la justice travaillent de concert pour tenter de faciliter le parcours des victimes. Elle explique :
Les magistrats, le juge des vies, le juge chargé des victimes, le juge de l'application des peines, madame le Président, monsieur le Procureur de la République… Nous sommes tous réunis autour d'une table, pour essayer de trouver les moyens de fluidifier le parcours de la victime. Qu'elle sache que le bureau d'aide aux victimes est un point d’ancrage. L'ADAVIM est en relation avec toutes les personnes qui vont intervenir à tous les niveaux. Et quand l'affaire arrive à l'instruction, l'ADAVIM peut aussi accompagner les victimes avec l'aide d’un avocat. Il y a un consensus et une coordination qui se met en place.
Des moyens asymétriques
Rencontrée dans son bureau à la cour d’appel de Fort-de-France, Maitre Dina Rioual-Petit déplore par ailleurs la non mise en place sur le territoire d’un projet qui a pourtant déjà fait ses preuves dans l’Hexagone : celui d’un chien d’assistance judiciaire. Elle explique :
Nous avons tout envisagé et malheureusement, l'institution ici n'a pas voulu le voir. Il faut qu'on puisse s’organiser pour que le chien vienne à l'audience. Il ne gêne personne et est vraiment éduqué pour être avec les victimes et les accompagner, notamment lorsqu'elles sont mineures. Il accompagne au niveau de la police ou de la gendarmerie, chaque fois que l'enfant est concerné. Et ça l'apaise. Parce que l'enfant, pendant qu'on l'interroge, caresse le chien et est en communion avec lui. C'est un élément important pour qu'il puisse parler en toute tranquillité sans qu'on ait à extorquer quelquefois quelques bribes de mots.
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En 2026, plus de 700 procédures sont en cours dans les services de police et de gendarmerie en Martinique. Sur le territoire national, un enfant est victime de violences sexuelles toutes les 3 minutes.
Ecoutez l'entretien accordé par maître Dina Rioual-Petit à Morgane Garnier
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