Procès pour tentative d’infanticide : l'accusée interrogée sur son passé et son parcours familial
Entendue pendant près de deux heures, Sabine Béraud s'est expliquée sur son passé douloureux et les accusations de violence qui pèsent sur elle. Les témoins, notamment la directrice de la crèche, ont décrit une personnalité complexe avant la reprise de l'audience cet après-midi.
Ce mercredi (3 juin) à la cour d'assises de Fort-de-France, l’interrogatoire a duré près de deux heures, durant lesquelles Sabine Béraud a répondu volontiers aux questions.
S’exprimant avec aisance, l'accusée étaye ses propos avec précision pour cette seconde journée d'audience.
La cour est revenue sur son enfance particulièrement douloureuse : la condamnation de son père pour inceste, la noyade de son petit frère sous ses yeux, la mort d'un camarade de lycée poignardé, ses tentatives de suicide, son addiction au cannabis, mais aussi sa relation complexe avec sa mère.
« Je ne suis pas une enfant qui a été éduquée, j’ai été dressée », a-t-elle affirmé très fermement à la barre. « Un manquement et tu prenais des coups… Mon enfance n’a été que cela : satisfaire les besoins de ma mère pour éviter de prendre des coups.
Un parcours marqué par la violence
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Sa vie sentimentale a également été évoquée, notamment les violences subies de la part de ses partenaires.
L'accusée a elle-même été condamnée en 2017 pour tentative de meurtre sur conjoint, après avoir été frappée par son ex-compagnon.
Sabine Béraud est ensuite revenue sur l'épisode où elle aurait arraché la perfusion de l’un de ses enfants après une opération.
Elle soutient l'avoir « simplement retirée ». Si des faits de violence ont été rapportés concernant ses deux aînés, l'accusée les réfute en bloc.
Par ailleurs, elle reconnaît posséder une « double facette », expliquant : « Je peux être très calme mais aussi exploser ».
Le témoignage de la directrice de crèche
Un trait de personnalité confirmé par les témoins entendus à la barre, parmi lesquels le père des jumelles, la grand-mère, ainsi que la directrice de la crèche.
Cette dernière, qui avait réussi à établir un lien de confiance avec Sabine Béraud, a évoqué une mère très investie et attentive aux conseils, tout en nuançant son propos par une relation qualifiée d'en dents de scie.
La témoin s'est notamment souvenue d'un épisode précis : l’arrêt d'un traitement médicamenteux par l'accusée, sans avis médical.
Après cela, « les coups de colère ont recommencé », a affirmé la directrice de crèche.
L’audience se poursuit cet après-midi avec l'audition attendue des voisines à la barre.
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