Violences présumées sur les gendarmes : les gérants du Kabana Beach convoqués en novembre
Les gérants du Kabana Beach, qui avaient été interpellés lors de la démolition du restaurant, ce lundi, sur la plage du Souffleur, à Port-Louis, ont été déférés ce mercredi matin (18 juin) afin d’être convoqués à l’audience correctionnelle du 13 novembre pour des violences commises sur personnes dépositaires de l’autorité publique.
Nouvel épisode ce mercredi (18 juin) dans l’affaire de la démolition du Kabana Beach, sur la plage du Souffleur, à Port-Louis.
Dans un communiqué, la procureure de la République, Caroline Calbo, rappelle que cette « opération de démolition de la construction irrégulière du restaurant Kabana beach s’est déroulée en application de l’arrêt de la cour administrative d’appel du 4 juillet 2024 et du jugement du tribunal correctionnel du 10 octobre 2023. »
Lors de l’opération, les gérants de l’établissement ont été interpellés, puis placés en garde à vue.
Placement sous contrôle judiciaire
Les précisions de Caroline Calbo :
Les gérants s’opposaient avec violence aux forces de l’ordre, Madame s’emparant en outre d’une grenade lacrymogène d’un gendarme. Ils étaient interpellés et placés en garde à vue, ainsi qu’un de leur salarié. Ce dernier était libéré à l’issue de l’enquête, l’infraction n’apparaissant pas établie à son encontre. Les gérants ont été déférés ce mercredi matin afin d’être convoqués à l’audience correctionnelle du 13 novembre 2025, pour les violences commises sur personnes dépositaires de l’autorité publique.
Un placement sous contrôle judiciaire avec interdiction de participer à une manifestation sur la voie publique et de porter une arme a été demandé.
A noter que deux autres manifestants ont été arrêtés, précise Caroline Calbo, « dont l’un porteur d’une arme, interpellés le 16 juin après-midi, après avoir jeté des pierres sur les gendarmes.
Ils ont également été déférés et renvoyés à la même audience, avec réquisition de placement sous contrôle judiciaire.
La procureure de la République rappelle que « l’opération de démolition de la construction irrégulière est intervenue après de nombreuses sommations de mise en conformité restées vaines et en application de décisions exécutoires de justice ».
Et de conclure, « toute menace contre les élus et agents de Port-Louis ou entreprises étant intervenues sur le site, feront l’objet d’une enquête judiciaire, ces comportements ne pouvant être tolérés dans une société démocratique ».
« On aura le temps de bien travailler le dossier »
A l’issue du défèrement de ses clients, libérés sous contrôle judiciaire, Me Gladys Démocrite, s’est dite soulagée.
À notre grand soulagement, Clarence et Nicolas Semar vont être libérés sous contrôle judiciaire, puisque c'est ce que le procureur a demandé. Initialement, il était prévu de les juger aujourd'hui, mais je pense que la justice a eu peur du soutien de l'ensemble du peuple guadeloupéen envers cette famille et de l'émotion vive qui a été suscitée par cette démolition illégale et par cet acharnement. Ils ont prévu de les juger le 13 novembre. Et donc, on aura le temps de bien travailler le dossier et de vérifier si tout a été fait dans les règles. Dans l'attente du procès de novembre, ils ont été mis sous contrôle judiciaire. Le procureur a demandé un certain nombre d'obligations et notamment une interdiction de participer à des attroupements, à des manifestations. Ça veut dire concrètement que toutes les manifestations de soutien à cette famille, monsieur et madame Semar n'auront pas le droit d'y participer.
Nicolas Semar s'est exprimé à sa sortie du bureau du juge, au tribunal judiciaire pointois, ce mercredi, alors que ses soutiens l'attendaient à l'extérieur.
Recours au tribunal administratif
Pour rappel, hier (mardi 17 juin), Me Gladys Démocrite a indiqué, pour sa part, avoir déposé un recours auprès du tribunal administratif. Une requête de plein contentieux auprès du tribunal administratif de Guadeloupe contre l’Etat, représenté par le préfet de Guadeloupe, pour démolition illégale.
Le propriétaire du Kabana Beach, Nicolas Semar, et son épouse ont, par ailleurs, toujours selon leur avocate, déposé plainte pour violences contre la gendarmerie lors de leur interpellation.
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