Plus de cinq ans après la mort de Claude Jean-Pierre, une nouvelle juge prend en charge le dossier
Une nouvelle juge d’instruction a pris en charge le dossier de Claude Jean-Pierre, un sexagénaire décédé suite à un contrôle de gendarmerie à Deshaies, en 2020. Ce lundi (15 juin), ses proches ont été auditionnés à Versailles, avec l’espoir qu’enfin les gendarmes soient mis en examen.
Ce lundi (15 juin), les proches de celui que l’on surnommait « Klodo » étaient auditionnés à Versailles. Cinq ans et demi après la mort de Claude Jean-Pierre, une nouvelle juge d’instruction a pris en charge son dossier. Le sexagénaire est décédé au CHU en décembre 2020, douze jours après un contrôle de gendarmerie musclé à Deshaies.
Il s’agit de la troisième nomination de juge depuis l’ouverture de la procédure, avec l’espoir pour la famille que les choses avancent enfin et que les gendarmes soient mis en examen. Jusqu’ici, ils n’ont été placés que sous le statut de témoins assistés.
Fatigués par la procédure, les proches de Claude Jean-Pierre ont fait part de leur ras-le-bol, à l’image de Christophe Sinnan, le gendre de la victime :
On a clairement fait comprendre à cette juge que notre patience a des limites et qu’on ne pourrait plus se satisfaire de délais indéfinis. Elle nous a assuré qu’une décision serait prise dans un délai raisonnable. Le temps de la justice n’est pas le temps des familles. On en a assez. Aujourd’hui, la famille de Claude Jean-Pierre attend des réponses, nos soutiens attendent des réponses, toute la Guadeloupe attend des réponses.
« On va vers une décision rapide »
Fatia Alcabelard, la fille de Claude Jean-Pierre, espère pouvoir enfin faire avancer la procédure. Après son audition avec la juge d’instruction, elle se dit confiante :
Cette nouvelle juge a refusé la reconstitution. C’est une très, très bonne nouvelle pour nous, parce que cela aurait rallongé la procédure de deux ans. On a demandé à ce que les gendarmes soient confrontés. Cette demande est en attente et on va vers une décision rapide. Les sœurs de mon papa, mes tantes, ses frères, qui sont aussi au combat, sont pas mal bousillés par ce combat.
Un sentiment de confiance, partagé par son compagnon, Christophe Sinnan :
On sort satisfaits, mais toujours sur nos gardes. Ce qu’on attend aujourd’hui, c’est que les paroles se transforment en actes et que les deux gendarmes, Boyer et Charlier, soient mis en examen et qu’ils répondent de leurs actes.
Au début du mois de juin, des députés de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de l’Hexagone, ont co-signé un courrier officiel destiné à Sébastien Lecornu, afin d’exiger des garanties concrètes quant au bon fonctionnement et à la transparence de la justice, dans ce dossier particulièrement sensible.
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