Affaire Claude Jean-Pierre : les députés ultramarins alertent le Premier ministre sur la lenteur du dossier

Par 09/06/2026 - 15:44 • Mis à jour le 09/06/2026 - 15:47

Six ans après le décès de Claude Jean-Pierre lors d'un contrôle routier en Guadeloupe en 2020 à Deshaies, des parlementaires ont interpellé le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Ces derniers dénoncent l'enlisement de l'instruction et réclament un procès transparent pour que justice soit enfin rendue.

    Affaire Claude Jean-Pierre : les députés ultramarins alertent le Premier ministre sur la lenteur du dossier

Dans l’affaire Claude Jean-Pierre, les députés Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de l’Hexagone interpellent le Premier ministre.

Face au blocage persistant de l'instruction, dix-sept parlementaires ont co-signé un courrier officiel destiné à Sébastien Lecornu afin d’exiger des garanties concrètes quant au bon fonctionnement et à la transparence de la justice dans ce dossier particulièrement sensible.

Six années se sont écoulées depuis le décès tragique du retraité de 67 ans brutalement extrait de son véhicule à Deshaies lors d’un contrôle routier opéré par deux gendarmes, et la procédure semble aujourd'hui totalement enlisée.

Lire aussi : Affaire Claude Jean-Pierre : les parlementaires guadeloupéens demandent une décision judiciaire rapide

Une instruction qui s'enlise

Cette situation alarmante est marquée par une succession ininterrompue de magistrats, avec déjà deux juges d’instruction et deux procureurs différents, en attendant l'arrivée imminente d'un troisième magistrat.

Devant cette instabilité chronique qui paralyse les investigations, les élus ont décidé de tirer la sonnette d’alarme, à l'image d'Olivier Serva, député de la première circonscription et signataire de l'appel, qui s'est exprimé en direct pour faire le point.

Invité au micro du Caraïbes 13H présenté par Naïza Rippon, le parlementaire analyse les multiples rebondissements de cette procédure et dénonce la lenteur manifeste dont fait preuve l'institution judiciaire dans la gestion de ce dossier :

Il y a effectivement plusieurs signataires, plusieurs députés de tout bord politique. En principe, on doit rappeler le principe de base : c'est une stricte indépendance entre le pouvoir législatif des députés et sénateurs, l'exécutif du gouvernement et le pouvoir judiciaire. C'est justement dans ce cadre, où on veut s'assurer de l'indépendance de la justice, que nous avons choisi d'interpeller le Premier ministre pour lui dire que nous croyons en l'indépendance de la justice. Puisque nous y croyons, nous voulons nous assurer que la justice sera agissante en toute indépendance dans ce dossier-là. Or, la fille et le beau-fils de Claude Jean-Pierre, avec qui nous sommes en relation régulière, nous ont dit, et toute l'opinion publique l'a compris : visiblement, vu la vidéo qui circule, il y a au moins un procès qui doit avoir lieu. Donc, nous demandons à ce que le procès ait lieu. Nous demandons à ce que, enfin, la justice soit rendue et qu'on ait des éclaircissements dans cette affaire-là. Il y a eu un documentaire de Harry Roselmack auquel j'ai participé. Il y a eu des marches, il y a eu des manifestations, il y a eu un élan judiciaire. Vous l'avez rappelé, il y a eu beaucoup de changements de magistrats et d'instructions.

Garantir l'impartialité de l'État

Le député partage des nouvelles récentes concernant l'avancement de l'enquête auprès des proches de la victime avant de réaffirmer la nécessité d'une action au plus haut sommet de l'État :

J'ai appris une bonne nouvelle d'ailleurs, puisqu'à l'approche de cette interview, je me suis rapproché du beau-fils et de la fille de Claude Jean-Pierre. Ils ont rendez-vous, et c'est un signe positif, avec la nouvelle juge d'instruction très bientôt pour faire un point sur l'affaire. Nous demandons tout simplement l'indépendance de la justice et que justice soit rendue. C'est pour cela qu'après plusieurs courriers et plusieurs actions à différents niveaux, nous avons choisi d'aller au plus haut niveau de l'État qui lui aussi est garant de l'indépendance de la justice, le Premier ministre Lecornu, qui d'ailleurs a été ministre des Outre-mer, pour pouvoir activer, accélérer et s'assurer que la justice soit rendue. Ce n'est pas parce qu'il s'agit de gendarmes qu'on devrait avoir l'impression désagréable de conduire à une possibilité de perte de temps et de non-instruction du dossier. C'est pour cela que nous avons fait ce courrier-là.


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