Nouvelles exactions sur leurs parcelles, les agriculteurs de l’association « Nous, de Belle Plaine » exaspérés

Par 07/01/2025 - 13:41 • Mis à jour le 07/01/2025 - 15:01

De nouvelles exactions ont eu lieu sur les parcelles des agriculteurs de l’association « Nous, de Belle Plaine », à Sainte-Rose, qui appellent les autorités à faire exécuter les décisions de justice. Ils organisaient une conférence de presse ce mardi (7 janvier).

    Nouvelles exactions sur leurs parcelles, les agriculteurs de l’association « Nous, de Belle Plaine » exaspérés
@Alexandre Giraud

Les agriculteurs de l’association « Nous, de Belle Plaine » ont fait part de leur exaspération au sujet du litige foncier qui les oppose au « syndicat agricole des petits planteurs de Cadet/Sainte-Rose ».

Ils ont organisé une conférence de presse ce mardi matin (7 janvier), au vélodrome de Gourdeliane, avec le soutien des syndicats FNSEA, les JA, le KDA « le kolektif des agriculteurs », ainsi que du président de la SAFER (société d’aménagement foncier et d’établissement rural de la Guadeloupe).

Ces derniers jours, de nouvelles exactions ont eu lieu sur leurs parcelles, qui sont également revendiquées par le syndicat des petits planteurs de Cadet.

Arrachage de plantations, menaces, dégradations de terrains… Plusieurs plaintes ont déjà été déposées.

L’association « Nous, de Belle Plaine » appelle les autorités à faire exécuter les décisions de justice.

« La paix, c’est ce que nous voulons »

Leur porte-parole, Dominique Dartron, a fait un point de situation :

Le syndicat des petits planteurs, représenté par André Guyon, conteste des titres de propriétés alors que nous sommes propriétaires. Il y a longtemps que M. Guyon fait ce genre d’actions, même moi j’ai été impacté il y a environ 4-5 ans. C’est toujours la même chose :  les menaces verbales, venir sur l’exploitation, l’écraser. Aujourd’hui, nous disons qu’il faut que ça s’arrête.

Pour Dominique Dartron, le « syndicat agricole des petits planteurs de Cadet/Sainte-Rose », n’est pas un syndicat agricole.

Parce qu’un syndicat agricole accompagne les autres agriculteurs, les aide pour trouver une solution. Pas pour détruire, pas pour venir les menacer. Aujourd’hui, nous faisons appel au procureur de la République, parce qu’il y a une décision de justice qui a été prise. Nous faisons appel au préfet pour qu’il puisse intervenir. Nous faisons appel au président de région, au président du département, à toutes les institutions qui ont la main sur la Guadeloupe afin qu’ils puissent nous donner la tranquillité. La paix, c’est ce que nous voulons, pour qu’on puisse travailler correctement sur nos exploitations.

Une agricultrice témoigne

Bettina Chicaté, agricultrice, a subi des dégradations sur la parcelle que son père lui a laissée :

J’ai mon titre de propriété. Depuis quelques jours avant Noël je subis des dégradations sur ma parcelle. Moi et ma sœur, on avait planté une cinquantaine de cocos. J’arrive, je vois les cocos délogés, les trous et les cocos coupés en petits morceaux. Une autre fois, j’ai trouvé des piquets de délimitation. Et dernièrement, la tractopelle est venue et a fouillé deux gros trous. Je ne peux pas rentrer sur mon terrain, je ne peux pas circuler. Je ne peux pas enjamber tellement le trou est énorme. Je trouve ça aberrant. C’est de la méchanceté pure et simple. J’ai au moins une quinzaine de plaintes et à chaque fois je suis obligée d’appeler la gendarmerie. Je veux avoir la paix pour planter des choses et nourrir les Guadeloupéens.

« Déjà des décisions de justice »

Le président de la SAFER, Rodrigue Trèfle, prend fait et cause pour les agriculteurs de l’association « Nous, de Belle Plaine ». Il en appelle aux instances compétentes pour qu’une solution soit trouvée :

Un certain nombre de personnes, avec M. Guyon à leur tête, empêchent les agriculteurs de travailler leurs terrains en toute quiétude, des terrains qu'ils ont achetés. Ce monsieur fait valoir qu’il aurait un titre qui date l'histoire de la colonie. Nous avons toujours voulu qu'il nous le donne ce titre. Nous, on a un titre de propriété. Ces terrains ont été acquis par la SAFER. On vend les terrains aux agriculteurs pour qu’ils puissent exploiter. C’est dommage qu’on en arrive à de telles exactions. On a tenu plusieurs réunions pour trouver une solution amiable. On a déjà eu des décisions de justice, notamment en 2019 où on a eu le même problème. On a gagné, on lui a dit de ne pas remettre les pieds dans la zone. Il continue et on est impuissant. Maintenant, il faut vraiment que les instances compétentes et au plus haut de l’Etat on se penche sur ce dossier-là.


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