Black-out d'octobre 2024 : demandes de renvoi et rappel des faits marquent la première journée du procès

Par 23/06/2026 - 17:25 • Mis à jour le 24/06/2026 - 11:43

Le procès des 14 salariés d'EDF-PEI poursuivis pour le black-out d’octobre 2024 s'est ouvert ce mardi (23 juin) à Pointe-à-Pitre. Prévue sur trois jours, cette première journée d'audience a oscillé entre la bataille de procédure menée par la défense pour obtenir un renvoi et les premiers témoignages des victimes collatérales de la coupure.

    Black-out d'octobre 2024 : demandes de renvoi et rappel des faits marquent la première journée du procès
Le procès des 14 salariés d'EDF poursuivis pour le grand black-out de 2024 s'est ouvert ce mardi (23 juin) à Pointe-à-Pitre.

Durant 48 heures, 230 000 foyers en Guadeloupe avaient été privés d'électricité. Le procès lié au black-out du 25 octobre 2024, survenu dans le cadre d'un conflit social à EDF, s'est ouvert ce mardi (23 juin) devant le tribunal de Pointe-à-Pitre.

Après une matinée et un début d'après-midi essentiellement centrés sur l'examen des demandes de renvoi et des questions prioritaires de constitutionnalité (QPC), le tribunal a commencé le rappel des faits au milieu de l'après-midi.

Au total, 14 employés de la structure sont poursuivis pour "association de malfaiteurs" et "mise en danger d'autrui". Les débats doivent se prolonger sur trois journées, soit jusqu'à ce jeudi 25 juin.

La défense réclame le renvoi du procès

Présent au soutien des prévenus, Me Philippe Edmond-Mariette, avocat de la défense, a longuement justifié cette demande de renvoi en pointant du doigt des vices dans la communication des pièces :

Nous avons sollicité ce renvoi car, dans le cadre d'une affaire qui avait pourtant déjà été mise en état et évoquée le 28 avril dernier, nous avons eu la mauvaise surprise de recevoir vendredi (19 juin) de nouvelles pièces de la part du parquet, ainsi que de récentes constitutions de parties civiles. En temps normal, de nouvelles parties civiles ne posent pas de difficultés, mais dans une affaire de cette envergure et face aux accusations portées contre nos clients, la donne change. Certes, cela perturbe l'organisation du tribunal qui avait planifié l'examen du dossier sur trois jours. Certains pourraient y voir une manœuvre pour gagner du temps, mais le code de procédure pénale et les usages obligent la justice à tout mettre en œuvre pour que la défense puisse répliquer à l'ensemble des éléments et documents qui lui sont transmis. Le tribunal se doit de garantir le respect du principe du contradictoire, et c'est précisément ce que nous avons réclamé. Par ailleurs, nous sommes très confiants concernant notre demande de supplément d'information. Nous considérons que l'enquête préliminaire actuelle reste incomplète et que, pour rendre son jugement, le tribunal se doit de disposer d'une vision globale et exhaustive du fonctionnement du réseau électrique en milieu insulaire comme celui de la Guadeloupe.

Des vies mises en danger

Face aux arguments juridiques de la défense, de nombreuses victimes collatérales sont venues assister à l'audience et expliquer les conséquences concrètes de cette coupure.

Parmi elles, la mère d'un jeune homme, totalement dépendant d'appareils motorisés, livre un récit poignant des heures d'angoisse vécues à la maison :

Toute la difficulté de ce black-out est survenue alors qu'il venait tout juste de sortir de réanimation le jeudi. Dès le vendredi, à cause de cette panne, il a dû y retourner en urgence. Ce fut une épreuve terrible. Il a besoin d'être aspiré, et l'électricité est indispensable pour faire fonctionner ses appareils médicaux, ce qui a tout rendu extrêmement complexe. D'autant plus qu'il venait de passer trois mois en réanimation et qu'il réintégrait à peine la maison. Il faut du temps pour s'adapter, nous prenions nos marques et, subitement, nous avons dû tout abandonner pour repartir de zéro. Il a été contraint de passer tout le week-end là-bas.Il faut que ces personnes prennent conscience de la réalité de la vie, car certains auraient pu ne pas s'en sortir. Cette coupure générale est arrivée sans que personne ne s'y attende. Même pour les soins quotidiens et la toilette, alors qu'il était installé dans son fauteuil, la situation est devenue ingérable pour le personnel soignant. Je ne conteste pas le droit de grève, mais il ne doit pas s'exercer au détriment de la vie humaine. Que les grévistes revendiquent leurs droits, soit, mais je veux avant tout les confronter aux conséquences et aux drames qu'ils ont provoqués chez les gens, car il y a eu des morts. Personnellement, j'ai eu la chance d'être épaulée par les soignants, car si j'avais été seule à la maison avec lui, je n'aurais pas pu y faire face.


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