2 ans de prison avec sursis requis contre l'ancien président de la "All Day In"
L'ancien président de la "All Day In" comparaissait ce mardi (16 juin) devant le tribunal correctionnel pour des faits présumés d'abus de biens sociaux et usage de faux entre 2016 et 2021. Une mésentente entre associés a dénoncé le mis en cause. La décision a été fixée au 8 septembre 2026.
Le prévenu à la barre s'est défendu. Il a agi avec honnêteté pour le bien de tous. L'argent qu'on lui reproche d'avoir détourné, c'était pour se rembourser des avances engagées pour payer les prestataires et les artistes invités dans l'ugence. Les autres associés n'auraient rien apporté, selon lui.
Un stratagème organisé pour l'évincer de son poste maintenant que l'événement fonctionne bien. Malheureusement pour lui, tout était décidé oralement. Pas d'écrits ou de contrats, une confiance aveugle qui aboutit dix ans après sur ce litige et donc un procès pénal.
Un festival qui fonctionne
Il faut savoir que la "All Day In", créé en 2015, est l'un des plus grands festivals musicaux de la Guadeloupe. À l'époque, plusieurs jeunes actionnaires se sont lancés dans ce défi avec à la tête, Christophe Céril qui tenait la présidence, mais au fil des mois, les relations se sont tendues jusqu'à des plaintes déposées ensuite face à des soupçons de détournement.
Au total, plus de 386 000 €, les plaignants estiment qu'ils ont été utilisés à des fins personnelles ou pour d'autres structures par le suspect. Alors qu'à ses débuts, les caisses de l'entreprise étaient déficitaires, ce qui a intrigué les associés qui n'avaient selon eux, aucune vision sur les finances.
Le Parquet demande une exécution provisoire
Depuis la nouvelle direction, les comptes se seraient assainis. Le ministère public a requis 2 ans de prison avec sursis probatoire, remboursement des sommes, saisie des biens immobiliers et interdiction de gérer pendant 5 ans. La décision sera rendue le 8 septembre prochain.
Maître Mickaël Sarda, représentant une des parties civiles en l'espèce la société "Jutsu Média Group" :
Une affaire qui est assez simple. C'est classique. Une personne qui préside une société, qui a toutes les clés en main, qui a des espèces pour des centaines de milliers d'euros, qui ne dépose pas en banque. Et puis, une fois qu'elle est prise la main dans le pot de confiture, dit: Non, ce n'est pas moi. Je peux tout justifier, mais ne justifie rien. Des attestations, voilà la défense de monsieur Céril. C'est assez clair pour moi. Je défends l'associé, Jutsu Media Group qui, forcément, a une difficulté avec ça. Et puis aussi, une fausse cession qui n'est pas exacte, à un tiers. On a une situation quand même très particulière d'une personne, comptable de profession, qui dissipe des espèces et qui justifie par de simples attestations.
Pour la défense, maître Gérard Plumasseau déplore que la procédure n'ait pas pris en compte certaines dépenses en espèces, notamment les cachets des artistes étrangers :
Dans une procédure comme celle-là, il aurait été préférable qu'il y ait un juge d'instruction pour que l'on puisse véritablement instruire sur les éléments de ce dossier qui n'apparaissent pas, malheureusement. Par exemple, on parle de paiement en espèces. Vous avez bien vu qu'à la barre, les parties civiles ont fait état de ces paiements en espèces, mais ils n'apparaissent nulle part, n'ont jamais été comptabilisés, les OPJ disent qu'ils n'ont pas été présentés par monsieur Céril. Quand on regarde les éléments de l'audience et les éléments que je verse aux débats, tout ça aurait dû être pris en compte. 24 mois avec sursis dans une affaire où on présente le prévenu comme un bandit de grand chemin, ça me paraît surprenant. Quand on a un dossier qui est quand même indigeant, il est important que la juridiction prenne le temps de la réflexion et de l'analyse et puisse regarder de près de quoi on parle.
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