Sargasses à Petit-Bourg et Sainte-Anne : les capteurs de Gwad'air évaluent la toxicité réelle près des écoles
Lors de la visite de l'OECO ce mercredi (3 juin), Gwad'air a présenté ses capteurs mobiles déployés près des écoles face aux sargasses. Ce dispositif fournit des données d'urgence locales, tout en rappelant que la forte gêne olfactive ne signifie pas systématiquement un seuil de toxicité sanitaire dépassé.
Les délégués de l’OECO ont visité ce mercredi après-midi (3 juin) les installations de Gwad'air à Petit-Bourg, à un moment où la surveillance de la qualité de l’air aux abords des établissements scolaires demeure une priorité.
L’institut s'appuie sur deux capteurs mobiles spécifiques, positionnés à proximité immédiate des écoles de Petit-Bourg et de Sainte-Anne, deux communes particulièrement exposées aux échouements de sargasses.
Un outil d'aide à la décision
L’objectif de ce dispositif consiste à fournir des données ultra-locales afin de guider les maires et le rectorat dans leurs décisions d'urgence, telles que les fermetures de classes l'après-midi à Petit-Bourg.
Kathy Décordé, ingénieure d'étude chez Gwad'air, précise les modalités de déploiement de ces équipements de terrain :
En plus de nos 24 capteurs fixes, nous déployons actuellement des capteurs mobiles dans ces deux établissements. Nous les utilisons lorsque les structures publiques font face à de fortes nuisances et à des demandes urgentes. Le but est de surveiller l'impact des sargasses sur la qualité de l'air pour garantir un retour en classe serein pour les élèves. Quant à savoir si ce dispositif deviendra permanent, c'est un travail collaboratif à mener non seulement avec Gwad'air, mais aussi avec le rectorat, la Région et la cellule Pulsa. C'est une réflexion globale que nous devons porter ensemble.
L'illusion olfactive face au danger
À Petit-Bourg, commune particulièrement touchée par les arrivées massives de sargasses, les écoles ont dû fermer leurs portes l’après-midi.
Cette situation expose les riverains à des émanations d'hydrogène sulfuré, caractérisées par une forte odeur d'œuf pourri.
Pourtant, l'analyse scientifique invite à distinguer la perception humaine de la réalité toxicologique.
Gwad'air, l’Observatoire de la qualité de l’air, rappelle une réalité technique essentielle : l'intensité de la gêne olfactive ne reflète pas systématiquement un danger immédiat.
Une odeur jugée intolérable peut en effet persister sans que les concentrations de gaz ne franchissent les seuils de toxicité sanitaire.
Une nuance scientifique majeure que détaille Kathy Décordé, ingénieure d’étude au sein de l’observatoire :
Petit-Bourg est très touchée, mais d'autres communes le sont tout autant, comme Capesterre de Marie-Galante, La Désirade, Terre-de-Bas aux Saintes ou encore Goyave. Parfois, des communes qui ne sont pas encore en seuil de préalerte ressentent déjà des nuisances. Dès que les sargasses entrent en décomposition, l'odeur se diffuse. Malheureusement, cette gêne olfactive peut être extrêmement forte sans pour autant être corrélée à une concentration toxique dans nos mesures. Malgré cela, nous faisons tout notre possible pour assurer le meilleur suivi, et notre procédure est parfaitement rodée pour transmettre l'information dès qu'une alerte est déclenchée.
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