Violences en Guadeloupe : les carnavaliers déterminés à défiler le 11 janvier

Par 08/01/2026 - 09:39 • Mis à jour le 08/01/2026 - 10:09

Quatre jours après la mort d’Anthony Sarazin, 18 ans, survenue le 4 janvier à Pointe-à-Pitre, le maire de la ville Harry Durimel a réuni différents acteurs du carnaval. Malgré la violence, les groupes ont décidé de maintenir les festivités ce dimanche 11 janvier et prévoient un hommage à une date ultérieure.

    Violences en Guadeloupe : les carnavaliers déterminés à défiler le 11 janvier

Ce mercredi 7 janvier 2026, le maire Pointe-à-Pitre Harry Durimel a rassemblé les acteurs du carnaval dans la salle de délibération de la mairie, dans un climat particulièrement lourd. Cette réunion intervient quatre jours après la mort du jeune Anthony Sarazin, 18 ans.

Dans un premier temps, le Préfet évoquait la possibilité d'une interdiction des festivités. Face à cette menace, les groupes ont été unanimes : le carnaval se fera, avec une vigilance renforcée. Joël Jackota, président du GCCRP, revient sur cet épisode :

Le carnaval du 11 janvier sera maintenu, comme toujours à Pointe-à-Pitre. Mais nous voulons aussi organiser un moment fort à une autre date, peut-être le 17 janvier. Dès le 12, nous nous réunirons pour préparer cet hommage aux jeunes décédés les 2 et 4 janvier, ainsi qu’aux 52 autres victimes de 2025. Cette journée doit rester sincère et ne pas être récupérée. Avec ou sans organisateurs, le carnaval aura toujours lieu.


Harry Durimel, le maire de Pointe-à-Pitre, explique qu'il est important de revenir sur ces échanges ainsi que la nécessité de maintenir le dialogue avec les autorités.

À l’unanimité, les groupes ont décidé de manifester dimanche. Ne pas sortir serait laisser croire que nous faisons une pause dans la violence, alors que nous n’en sommes pas responsables. Je suis donc fermement contre l’interdiction du 11 janvier. Les groupes veulent manifester et prévoient également une marche le 17 janvier pour dénoncer ces actes de violence.

"Nous ne pouvons pas arrêter le carnaval"

La position des carnavaliers est inchangée : le carnaval doit continuer. Rony Théophile, figure de la culture guadeloupéenne, partage ce sentiment général :

Nous ne pouvons pas arrêter le carnaval à cause de la violence, qui ne se limite pas aux festivités. Le carnaval doit continuer, mais il faut en parallèle mener des actions concrètes. Nous devons rester unis pour lutter contre cette violence, sinon nous savons où cela nous mènera.

Même son de cloche pour David Annerose, président du groupe "Mangwov-la". Ce dernier confirme la présence de son groupe ce week-end à Pointe-à-Pitre :

Nous avons participé à l’élaboration d’un communiqué pour les autorités concernant la violence en Guadeloupe, en nous joignant aux autres mouvements culturels lors de réunions préparatoires. Nous n’avons pas signé le document, mais nous le soutenons. Nous avions prévu une action ce week-end du 11 janvier et, bien que nous n’ayons pas imaginé qu’un jeune mourrait dans de telles conditions, nous resterons mobilisés.

De son côté, le "Mouvman Kiltirel Akiyo", par la voix de son dirigeant Patrick Coquerelle, réaffirme sa détermination à débouler dimanche, estimant que le carnaval ne peut être tenu responsable des violences survenues :

Certains veulent faire croire que le carnaval est un vecteur de violence, mais c’est faux. Depuis décembre, nous avons écrit un courrier et tenu des réunions avec des collectifs et le sous-préfet, mais rien n’a avancé. Cela dure depuis 3 à 4 ans, sans action réelle. Ce n’est pas un problème du carnaval, mais de différents pans de la société guadeloupéenne.


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