La Cour des comptes alerte sur des inégalités persistantes et une offre de soins fragile en Outre-mer
Dans son rapport annuel publié ce mercredi 25 mars, la Cour des comptes appelle à une refonte de la cohésion territoriale pour réduire les inégalités locales. Les magistrats de la rue Cambon alertent notamment sur la fragilité de l'offre de soins en Outre-mer.
Dans son rapport annuel publié ce mercredi 25 mars, la Cour des comptes prône une meilleure cohésion territoriale. Elle appelle à réduire les inégalités locales, clarifier l’action publique et adapter les politiques de l'emploi.
Les sages de la rue Cambon consacrent également un chapitre à l'accès aux soins en Outre-mer.
Les inégalités et fragilités persistent
Si la Cour des comptes note des améliorations, notamment sur la démographie médicale, elle préconise de poursuivre les efforts pour répondre aux besoins spécifiques de chaque territoire.
Le rapport souligne des disparités persistantes : en 2024, obtenir un rendez-vous en cardiologie prenait en moyenne 42 jours en Outre-mer contre 26 dans l'Hexagone.
Quant à la densité de généralistes, le bilan est contrasté : si elle dépasse la moyenne nationale aux Antilles et à La Réunion, elle reste nettement insuffisante en Guyane et à Mayotte.
Cette offre de soins hétérogène reste, selon la Cour des comptes, extrêmement fragile. La démographie médicale précaire et les difficultés structurelles des établissements entraînent des discontinuités dans les parcours de soins.
L'importance des pathologies chroniques
Les conséquences sont concrètes : diagnostics tardifs et, pour les populations les plus précaires, un renoncement aux soins avéré.
Pourtant, les besoins sont criants. Le rapport rappelle que les pathologies chroniques (diabète, maladies cardiovasculaires, obésité, troubles dépressifs) sont plus prévalentes en Outre-mer qu'ailleurs.
À cela s'ajoutent des risques environnementaux spécifiques comme le chlordécone ou les sargasses, ainsi que des problèmes d'accès à l'eau qui impactent directement la santé publique.
Dans ce contexte, le système hospitalier peine à séduire. Confrontés à des déficits importants, les établissements ne parviennent pas à maintenir l'élan des investissements passés ni à soutenir les initiatives innovantes locales, essentielles pour améliorer l'offre de soins.
De nouvelles stratégies
Il faut ainsi une stratégie partagée pour la mise en œuvre des politiques de santé en Outre-mer, avec une vraie articulation entre le national, le local et le régional. Dans cet environnement proche, il est d'ailleurs suggéré de créer des instances inter-régionales afin de faire émerger des centres référents spécialisés.
Une autre recommandation consiste à favoriser le « aller-vers » et à développer la télémédecine pour repenser les parcours des patients et améliorer l'accès aux soins.
Le rapport mentionne également un travail sur la promotion et la valorisation des carrières sanitaires dans chaque territoire, ce qui répondrait aux besoins locaux tout en représentant un véritable levier de développement.







