Filière canne à sucre : un rapport sénatorial plaide pour le maintien, voire la hausse, des aides publiques
Présenté la semaine dernière en commission des finances du Sénat, un rapport des sénateurs Victorin Lurel et Christian Klinger qualifie la filière canne d'« essentielle » pour les territoires ultramarins producteurs, notamment La Réunion, la Guadeloupe et la Martinique. Ils estiment qu'il faut renforcer les aides dédiées à cette filière.
Si 98 % de la production nationale de sucre provient de la betterave, la canne n'est pas oubliée dans les conclusions du rapport. Mené par Victorin Lurel et Christian Klinger, rapporteurs spéciaux des crédits de la mission « Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales » du dernier PLF, le contrôle s'est penché sur l'efficacité et la suffisance du financement public des filières sucrières.
Les sénateurs recommandent de maintenir, voire renforcer, les financements publics qui lui sont accordés.
Une filière structurante pour les outre-mer
Lors de la campagne 2024-2025, 2 millions de tonnes de canne ont été récoltées, pour 174 000 tonnes de sucre produites dans les sucreries ultramarines. Les filières canne, sucre et rhum représentent au total 40 000 emplois directs, indirects et induits, ce qui permet aux deux rapporteurs de qualifier ces filières de « culturellement, socialement et économiquement structurantes » pour les territoires concernés.
Contrairement à la filière betterave, qui a pu s'adapter à la fin des quotas sucriers européens, la filière canne n'a pas eu la possibilité d'augmenter sa production. S'y ajoutent une concurrence croissante et une hausse des coûts de production. Autant de difficultés qui justifient, selon les deux sénateurs, le niveau élevé des financements publics versés par l'Union européenne et l'État.
Ils préconisent même de revaloriser certaines aides, à l'image de la prime bagasse, qui complète les revenus des planteurs et devrait, selon eux, être désormais indexée sur l'inflation.
Le rapport aborde également la question du sucre dans l'agroalimentaire, identifié comme un « coût indirect important pour les finances publiques », notamment en raison de la prise en charge des maladies liées à sa surconsommation.
Les sénateurs réclament davantage de moyens pour la DGCCRF, afin de mieux contrôler l'application de la loi de juin 2013, qui interdit, à produit similaire, une teneur en sucre différente entre l'Hexagone et les outre-mer.







