Enlèvement de Thierry Dol en 2010 : Areva, géant du nucléaire français, bientôt jugé en correctionnelle

Par 12/06/2026 - 10:02 • Mis à jour le 12/06/2026 - 10:54

La chambre de l'instruction a confirmé le renvoi en correction pour "blessures involontaires par maladresse" d'Aréva. L'entreprise sera jugée pour ses manquements qui auraient provoqué l'enlèvement de ses anciens salariés.

    Enlèvement de Thierry Dol en 2010 : Areva, géant du nucléaire français, bientôt jugé en correctionnelle

La justice a confirmé mercredi la tenue d'un procès correctionnel pour le géant français du nucléaire Areva, suspecté d'avoir sous-évalué la menace Al-Qaïda, rendant ainsi possible l'enlèvement en 2010 de cinq Français, un Malgache et un Togolais près de la mine d'uranium d'Arlit au Niger.

En septembre 2025, les juges d'instruction avaient prononcé un non-lieu pour une série d'incriminations, dont l’enlèvement et la séquestration en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste, ou la tentative d'assassinat.

Ils avaient cependant ordonné un procès pour Areva, mais pour "blessures involontaires par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence et de sécurité imposée par la loi ou le règlement, ayant entraîné une incapacité totale de travail pendant plus de trois mois".

Le parquet national antiterroriste (Pnat) avait fait appel, après avoir requis "la poursuite des investigations sur commission rogatoire" s’agissant de cette infraction.

C'est cet appel qui a été tranché mercredi: la décision des juges d'instruction a été confirmée par la chambre de l'instruction, a indiqué une source judiciaire, sollicitée par l'AFP.

Un procès attendu avec impatience

"Nous nous félicitons de cette décision et regrettons que le parquet ait cru nécessaire de faire appel, occasionnant une nouvelle perte de temps", a réagi auprès de l'AFP Me Olivier Morice, l'avocat de l'un des ex-otages, Pierre Legrand, qui avait porté plainte en 2013.

Ce dernier "attend avec impatience que la justice soit enfin rendue" devant le tribunal correctionnel, a-t-il ajouté.

Dans la nuit du 15 au 16 septembre 2010, cinq Français - Françoise et Daniel Larribe, Pierre Legrand, Marc Féret et Thierry Dol -, un Malgache, Jean-Claude Rakotoarilalao, et un Togolais, Alex Awando, avaient été enlevés à Arlit par des hommes armés.

Après cinq mois de captivité, le 25 février 2011, Françoise Larribe, malade, avait été libérée avec les salariés malgache et togolais. Les quatre derniers otages avaient été délivrés le 29 octobre 2013, après 1.139 jours de détention dans le désert sahélien.

Dans ce dossier, c'est Areva SA, structure de défaisance des activités à risque d'Areva (entité ad hoc créée pour recueillir et gérer des actifs de mauvaise qualité cédés), restructurée en 2016, qui est renvoyée en procès. La restructuration a abouti à transférer les activités autour du combustible nucléaire à Orano, qui est témoin assisté à l'issue de cette enquête et ne sera donc pas jugé.


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