Décès de Micheline Myrtil : l'AP-HP relaxée malgré le délai de prise en charge de la Martiniquaise

Par 09/02/2026 - 09:37 • Mis à jour le 09/02/2026 - 09:45

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ce lundi. L'institution était jugée pour "homicide involontaire" après la mort de Micheline Myrtil aux urgences de l'hôpital Lariboisière en 2018. Le parquet avait requis la relaxe.

    Décès de Micheline Myrtil : l'AP-HP relaxée malgré le délai de prise en charge de la Martiniquaise

L'APHP échappe à la condamnation. Si le tribunal a reconnu une faute dans la prise en charge de Micheline Myrtil, les juges ont estimé que le lien de causalité entre la prise en charge défaillante et le décès ne peut être établi avec certitude.

Une décision qui colle avec les réquisitions du ministère public qui avait demandé la relaxe lors du procès.

Plus précisément, le jugement pointe une "faute de négligence" avec des "manquements qui ne peuvent être imputables à une personne du service".

Les difficultés du service étaient connues et il y avait eu une insuffisance de réponse sur le plan des effectifs, ce qui marque un lien direct avec l’absence de contrôle de l’état de santé de Mme Myrtil, souligne encore le tribunal.

La justice met en exergue que "l’ensemble des éléments, tant la question des effectifs que l’inadaptation des locaux, relevait de la compétence de l’APHP".

Des défaillances chroniques qui pour les juges dépendent de la direction de l’APHP "qui a sous-estimé la problématique et alloué des moyens insuffisants".

En revanche, il ne peut être établi "de manière certaine que cette absence de prise en charge a conduit au décès" malgré les expertises qui relevaient une perte de chance de l’ordre de 75% lors de sa prise en charge et de 50% après le choc septique subi par Mme Myrtil. 
 

L'attente tragique de Micheline Myrtil

Pour rappel, les faits remontent à la nuit du 17 au 18 décembre 2018. Micheline Myrtil, Martiniquaise de 55 ans, avait été déposée aux urgences par les pompiers vers 19H00, se plaignant de céphalées et de douleurs aux mollets.

Malgré une fièvre de 40,1°C notée à son arrivée, elle avait été orientée vers le "circuit court" et installée en salle d'attente.

Vers minuit, le personnel l'avait appelée à deux reprises sous une identité erronée ("Myatil" au lieu de "Myrtil") et elle n'avait pas répondu.

Considérée à tort comme partie, elle a été enregistrée en "fugue" dans le logiciel de l'hôpital à 01H18.

En réalité, la quinquagénaire se trouvait toujours sur un brancard, dans un recoin de la salle, sans surveillance. Elle y a été découverte morte à 06H00 du matin par une aide-soignante de l'équipe de nuit.

L'autopsie a ultérieurement révélé un décès dû à une "défaillance respiratoire aiguë" provoquée par une infection invasive à méningocoque.

À l'audience, Mario Stasi, l'avocat de l'AP-HP, avait plaidé la relaxe en invoquant une situation "exceptionnelle" ce soir-là, marquée par un afflux de patients et l'absence imprévue d'un médecin.

Sur le plan médical, la défense avait contesté formellement le lien direct entre le défaut de soins et la mort. Elle s'appuie sur des expertises soulignant la difficulté de diagnostiquer cette infection aux symptômes atypiques et à l'évolution "foudroyante".

Ce drame avait, à l'époque, vivement alimenté le débat sur la crise de l'hôpital public et le manque de moyens dénoncé par les syndicats.


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