Mexique : 10 000 soldats déployés dans l'État de Jalisco après la mort d'"El Mencho", chef du cartel CJNG

Par 24/02/2026 - 15:34 • Mis à jour le 24/02/2026 - 15:38

La mort d'"El Mencho", chef du cartel CJNG, le dimanche 22 février, plonge l'État de Jalisco dans le chaos. Face à une organisation criminelle militarisée et des routes incendiées, le gouvernement déploie 10 000 soldats pour sécuriser Guadalajara. Entre pressions internationales et colère des familles de disparus, le Mexique affronte une crise sécuritaire et sociale majeure.

    Mexique : 10 000 soldats déployés dans l'État de Jalisco après la mort d'"El Mencho", chef du cartel CJNG

À moins de 100 jours du Mondial-2026, la ville de Guadalajara est plongée dans le chaos après la mort de Nemesio Oseguera, dit "El Mencho", chef du puissant cartel CJNG, le dimanche 22 février 2026. Cette disparition a déclenché une vague de violences sans précédent : barrages, incendies et attaques de commerces, forçant les autorités à une réponse massive.

Une organisation criminelle militarisée

Des individus armés, membres présumés de l'organisation, ont bloqué plusieurs routes de l'État avec des voitures et des camions incendiés où l'on pouvait voir la nuit des restes de véhicules calcinés et d'autres encore en flamme. L'analyste politique Edgar Rodriguez précise le profil du défunt :

Il s'agit d'un criminel, d'une organisation d'abord économique, c'est-à-dire une entreprise criminelle qui dépasse la logique de reproduction de la petite entreprise, de cet agriculteur courageux qui se consacre à trafiquer de la drogue vers une institution formée depuis plusieurs années avec de la technologie, des ressources, une capacité de feu, d'organisation et de mobilisation.

Les États-Unis qui ont participé à cette opération militaire ont appelé leurs concitoyens présents dans plusieurs zones du Mexique à se mettre à l'abri jusqu'à nouvel ordre. Des compagnies aériennes nord-américaines ont annulé des dizaines de vols vers plusieurs villes mexicaines. Le Guatemala a placé ses forces de sécurité en alerte et renforcé la surveillance de sa frontière avec le Mexique, qui fait régulièrement l'objet d'incursions de gangs.

Le défi d'un Mondial 2026 sous haute surveillance

Le ministre de la Défense, Ricardo Trevilla, a annoncé le déploiement de 2 500 soldats supplémentaires, portant l'effectif total à près de 10 000 militaires dans l'État de Jalisco. Cette mesure se veut avant tout « dissuasive » face aux représailles, alors que le football local est déjà à l'arrêt avec plusieurs rencontres suspendues par mesure de sécurité.

Malgré cette tension extrême, la présidente Claudia Sheinbaum a tenu à rassurer la communauté internationale en affirmant qu'il n'existe « aucun risque » pour les supporters lors de la compétition qui débutera en juin 2026. Elle a également précisé que l'opération contre le narcotrafiquant a été menée sans participation directe des forces américaines, bien qu'un important échange d'informations ait eu lieu entre les deux pays.

Pourtant, sur le terrain, le climat social reste lourd : les habitants de Jalisco, État le plus touché par les disparitions au Mexique, voient d'un œil amer l'organisation de cette fête sportive alors que des fosses communes continuent d'être découvertes à proximité du stade Akron.

Sur le plan logistique, les autorités misent sur un renforcement technologique massif, doublant le nombre de caméras de surveillance et utilisant des drones assistés par l'intelligence artificielle pour sécuriser l'agglomération.

Cependant, l'inquiétude persiste parmi les résidents et les professionnels du tourisme qui enregistrent déjà de nombreuses annulations. Entre l'indécence dénoncée par les familles de victimes et la menace criminelle, le défi pour accueillir les quatre matches du Mondial et les barrages prévus dès fin mars s'annonce colossal.


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