Usine Gardel : le démarrage de la campagne sucrière 2026 sous haute tension malgré le soutien de l'État
Alors que l'usine de Gardel fixe son démarrage au 26 février avec un objectif de 419 000 tonnes de cannes recoltées, le climat social reste incertain malgré l'annonce par la Préfecture, ce lundi 23 février, du versement de 3,6 millions d'euros d'aides aux planteurs. L’incertitude plane sur le lancement effectif de cette campagne sucrière 2026.
Le lancement de la récolte sucrière à l’usine du Moule approche. Nicolas Philippot, directeur général délégué de Gardel, a confirmé que le site sera opérationnel dès le jeudi 26 février pour la réception des premières cannes. Toutefois, cet optimisme technique se heurte à un climat social pesant, marqué par l'échec des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) de la branche canne-sucre-rhum.
Parallèlement à ces enjeux industriels et sociaux, la Préfecture de Guadeloupe a confirmé ce lundi 23 février le versement d'une aide nationale de 3,6 millions d'euros en faveur des 1 600 planteurs livrant en sucrerie.
Des prévisions en baisse pour 2026
Ce dispositif, déjà versé sur les comptes le 12 février dernier par l'Agence de services et de paiement (ASP), s'élève à 447 euros par hectare de canne. L'objectif est de compenser les surcoûts d'exploitation par rapport à la filière betteravière hexagonale, conformément aux engagements de la convention canne 2023-2028.
L'enjeu est de taille : l'usine espère traiter environ 419 000 tonnes de cannes cette année. Un chiffre en recul qui impose un démarrage rapide pour sécuriser la récolte. Nicolas Philippot précise les attentes de la direction :
"On a une annonce d'un tas de cannes qui est légèrement en retrait de 10%. On s'attend à des prévisions qui sont aux alentours de 419 350 tonnes de cannes, c'est à peu près 10% de moins que la totalité de la canne qui était disponible l'année dernière. L'objectif, c'est de commencer tôt pour pouvoir assurément tout couper et ne laisser aucune canne debout. On a à peu près 38 000 tonnes de sucre attendues en termes de fabrication. Il y a également une petite discussion sur les opérateurs disponibles, aptes et volontaires pour réaliser cette campagne. Là aussi, j'attends de leur côté un feu vert pour dire qu'eux aussi sont prêts à lancer cette campagne."
Un bras de fer engagé avec les syndicats
Malgré la préparation technique, l'incertitude plane. Le SPEC (syndicat des opérateurs de coupes) a déjà manifesté son refus de débuter la campagne sans avancées sur ses revendications. De leur côté, la CGTG et l'UGTG multiplient les assemblées générales sur les sites de production.
Pour Lucien Sapho, représentant de la branche agriculture à l'UGTG, la direction tente de mettre les salariés devant le fait accompli :
"Les négociations annuelles obligatoires de branche ne sont pas achevées. Pour l'instant, nous n'avons signé aucun accord avec les organisations patronales. Nous avons dit que nous devons négocier. Les propositions que les organisations patronales ont fait, ne peuvent pas répondre du tout aux revendications des travailleurs. Chaque année, c'est la même chose. Ils poussent les négociations à date de leur démarrage pour qu'on se trouve devant le fait accompli et que le travailleur ne puisse rien négocier. Il n'est pas question pour nous, travailleurs, de laisser cette récolte passer sans que les travailleurs ne fassent entendre leurs revendications. Nous avons constaté aussi, particulièrement cette année, que chaque personne qui revendique ne peut pas le faire parce on fixé leur date pour valider. Nous leur avons fait des propositions et nous attendons qu'ils reviennent avec des propositions."
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