Les victimes de violences sexuelles ont pu libérer la parole dans un espace bienveillant et sécurisé

Par 05/11/2025 - 11:10

À l’approche de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre, plusieurs associations martiniquaises se mobilisent. Parmi elles "D'Antilles et d'Ailleurs" et "Mouvement du Nid Martinique" proposent un forum de sensibilisation afin de permettre aux victimes de s'exprimer sans tabou et sans jugement.

    Les victimes de violences sexuelles ont pu libérer la parole dans un espace bienveillant et sécurisé

L'ampleur du phénomène passe encore trop souvent inaperçu. Les chiffres révèlent que 85% des victimes de violences sexuelles sont des femmes. À l'approche de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, les associations prennent les devants et, au coeur d'un mini-village, accueillent toutes celles qui veulent s'exprimer. 

Pour les y aider, et dédramatiser aussi un moment qui peut être vécu comme difficile, des activités créatives et des espaces d'écoute seront proposés.

Un espace pour créer du lien

Dans cet espace, on coud, on brode, on parle. Les participantes échangent leurs expériences, qu’elles aient été témoins ou victimes de violences.
Sam, venu soutenir l’initiative, souligne l’importance de ces moments de rencontre :

Ce que je trouve toujours magnifique avec ces moments, c'est que des femmes qui ne se connaissaient pas cinq minutes avant discutent, rigolent comme si elles étaient de vieilles amies. Ce sont des moments qui permettent de se ressourcer et de se retrouver.

Un exercice parfois complexe

À l’étage, un atelier inspiré du violentomètre invite les participants à classer des comportements selon qu’ils sont respectueux, problématiques ou violents.
Un exercice qui pousse à la réflexion.

Cela permet de nous questionner encore et encore sur la définition des violences.  Quels sont les actes posés ? Quels sont les mots dits qui peuvent amener aussi à la violence ? 

Pour Olivia Urie, accompagnatrice sociale au Mouvement du Nid, l’enjeu est aussi de permettre à certaines femmes de faire un premier pas vers une démarche d’aide.

Souvent, après ces entretiens, certaines restent et nous sollicitent. Je n'ai pas osé le dire en grand groupe, mais j'ai rencontré des difficultés.’ Donc ça amène une prise d'action, soit de réflexion, soit de solliciter l’intervention d’un partenaire.

Le message est clair : ne pas rester seule. Karine Calcul, la responsable de communication D'Antilles et d'Ailleurs sait que ce moment n'est pas simple à vivre pour les victimes

Peut-être que les gens ont peur de témoigner, ont peur de se livrer. On sait que ce sont des sujets tabous, mais il ne faut pas hésiter. Il y a des gens qui sont là pour en parler. On peut bénéficier de soins, d'aide. 

Un appel au soutien institutionnel

Si ces initiatives offrent des espaces précieux d’écoute et de solidarité, les associations impliquées le rappellent : pour lutter durablement contre les violences sexistes et sexuelles, il faut davantage de moyens, davantage de structures d’accueil, davantage de professionnels formés.

La mobilisation se poursuit aujourd’hui encore au mini-village de Fort-de-France. Et le message résonne : parler est déjà un acte de résistance.


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